"Quelle finition pour mon plancher?"

Publié le par Mayar

(article en construction, la mise en page agrémentée reste à faire, ainsi que l'ajout de produits Livos...)

Château de Versailles, salon de la paix
Château de Versailles, salon de la paix

"...Et quel produit choisir?"
En substance, c'est la question qu'une amie nous a posé il y a 2 semaines.

"Oh non, une n-ième publi qui va nous bassiner des généralités et on ne sera pas plus avancé à la fin. Pfff, next!".
Hé ho, poussez pas mémé dans les orties!

Pour les impatients style génération Y, le coeur et la motivation de cet article est le tableau au milieu. Et il y a une vraie tagline tout à la fin.
(Traduction en français : l'apogée de l'article est au milieu de son développement, et le terme conclura en en bonne et due forme.)

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Avant, sans remonter à Mathusalem, on avait le choix entre le parquet vitrifié (considéré à l’époque moderne, chicos, sérieux, tout ça), et le plancher ciré (le machin poussiéreux à grand-papa, où t’as à peine le droit de marcher les jours de fête, en espérant qu’il ne glisse pas comme une peau de banane).

Mais ça, c’était avant.

Entre temps, il y a eu la (r)évolution devenue consumériste des produits éco-bio-naturels, tous plus verts que la moquette que tu fumes, cool man…

Maintenant, nous sommes dans l’après.

(Y'a pas à dire, ces petits aphorismes, ça n'apporte rien mais qu'est-ce que ça claque!)

Laissons de côté les parquets clipsés en simili-bois et autres en placage composite plastifié.
Laissons de même le carrelage céramique imitation bois et le béton texturé bois en surface.
Pourquoi ?
Les afficionados de l’ersatz et les curieux trouveront des éléments de réponse dans les dires de la psychologue Fleur Valéani, et dans la parabole des Castihans de la série TV de science-fiction Defiance. Pour ceux-ci, « paraitre, c’est être »…

Ah, tiens, tant que j'y pense, laissons aussi de côté l'article futura-sciences.com  "question/réponse : de l'huile de lin pour le traitement du bois". D'habitude, j'aime bien caser un lien vers ce site, mais là, non.

Or donc, on va s’intéresser aux sols en vrai bois d’arbre, que ce soit un parquet (non-porteur) ou un plancher (porteur).

De base, il n’y a pas 50 000 possibilités de finition :

  • brut (juste poncé)
  • peint
  • vernis
  • vitrifié
  • ciré
  • huilé

D'emblée, on oublie la peinture, qui n'est pas du tout faite pour ça. Je l'ai mentionnée uniquement parce que, oui, ça peut exceptionnellement arriver de découvrir un vieux plancher peint... Ou bien tomber en GSB sur une "peinture parquet". No comment!

On oublie aussi le vernis, surclassé depuis facilement 30 ans par les vitrificateurs.

Alors, qu'est-ce qu'il nous reste?

  • brut (rare et spécifique)
    • En gros, c'est la finition de la vieille marine à voile. Celle dont les joints bateau, là où il y en avait, étaient en goudron. On l'aura compris, rien à voir avec le pont en teck du Yacht de Boloré.
      Evidemment, ça avait tendance à s'encrasser, c'est pourquoi il fallait briquer régulièrement (= frotter avec une brique) et rincer encore plus souvent à l'eau de mer (qui minéralisait lentement le bois s'il ne l'était pas déjà). Et malgré tout cet traitement énergique, ça finissait gris-argenté avec les UV.
    • Sans aller jusqu'à jouer un p'tit mousse, ça veut dire un coup de ponçage de temps à autre.
    • C'est plutôt une finition de cailleboti (plancher surélevé de salle d'eau, terrasse), et avec peu de risque de grosses tâches grasses ou. Du coup, on parle ici forcément d'un bois classe 4.
Un caillebotis à Kallahdenniemi, à l'est d'Helsinki.
Un caillebotis à Kallahdenniemi, à l'est d'Helsinki.

 

  • http://www.inrs.fr/dms/ficheTox/FicheFicheTox/FICHETOX_132-1/FicheToxSynthetique_132.pdfvitrificateur (courant, hélas...)
    • Généralement monocouche.
    • Filmogène avec une surface très, trop dure.
      • Vous sentez cette odeur ? C’est du vapotage gratuit à fond pendant la pose, puis plus léger mais permanent pendant facile 10 ans.
        Vous ne sentez rien ? Normal, notre odorat a ses limites, et ne repère pas tous les produits chimiques, dont certains solvants classés toxique...
      • Au bout de 10 ans, voire beaucoup moins pour les sols à usage intensif, le vitrificateur sera fatigué (rayures, écailles, …). Il n’y a alors d’autre choix que poncer à blanc ce truc très dur par endroit. Ce qui bouffe l'épaisseur de parquet à chaque fois. Puis on doit refaire une finition en totalité.
    • Le film bouche les pores.
      L’humidité résiduelle du bois doit s’échanger par ailleurs (bordures, fentes où le film n'a pas été appliqué, ...). Ça en dit long sur la durabilité d’un parquet posé sur film polyane au-dessus d’une chape récente (qui mettra des mois à sécher à coeur)… Ça en dit long itou sur la résilience à un splash quelconque là où le parquet/plancher n’est pas parfaitement recouvert par le vitrificateur...
    • Bon allez, avant que d'aucun hurle et conspue mon parti pris, j'y concède un certain avantage : c'est la finition qui protège le mieux des UV. Enfin, vu la fréquence des rénovations avec ponçage à blanc, ça n'a pas trop le temps de griser de toute façon...
Vitrifier, c'est la promesse de tout poncer à blanc plus tard
Vitrifier, c'est la promesse de tout poncer à blanc plus tard

 

  • cire formulée (usage peu intensif, avec faible risque d'éclaboussure, et pas pour tous les bois!)
    • Il y a eu de belles évolutions depuis la popote cire d’abeille + térébenthine. Avec l’utilisation de cire de carnauba, par exemple. Le résultat est un produit plus souple qu'un vitrificateur, tout en étant plus dur en surface que la cire d'antan -y compris là où ça prend du soleil direct. Ca glisse moins sous les pieds. Et c'est aussi bien plus facile à appliquer.
    • La règlementation ayant serré le kiki de la térébenthine (voir ici et ), elle a été remplacée par d’autres solvants. Ce qui n'est pas forcément une amélioration, en fait (on en reparle plus loin).
    • Dans le petit lot des cires formulées, il y a les huiles-cire. C'est un mariage d'huile dure censée pénétrer le bois, et de cire-résine. A mon sens, ça s'envisage plutôt pour du bois bien poreux et bien sec.
    • A éviter sur les bois gras (une majorité de bois exotiques) et très fermés (chêne, bambou). Sinon[1], grand risque d'une sorte de "patine" cracra, vu que la cire accrochera peu, voire ne pénètrera pas en pratique.
    • De la même façon, à éviter sur du bois qui était en finition huilée. Sauf à lessiver à fond (puis égrener un minimum vu que l'eau fera rebiquer des fibres du bois).
    • Enfin, la cire est à éviter si le plancher est sur un bois plein de tanins qui ont tendance à réagir avec l’eau (mélèze, châtaignier, divers bois exotiques). En effet, si un endroit a un peu perdu à l'usage sa protection en surface, l'eau pénètrera, et paf une tache quasi-indélébile. ARGH!
    • Pour rénover cette finition, il suffit en gros de repasser une couche.
    • Attention, pour passer à un autre type de finition, on est condamné à lessiver, poncer un peu, re-lessiver...
Parquet en pointe de Hongrie finition cirée
Parquet en pointe de Hongrie finition cirée

 

  • huile dure : LA finition à privilégier dans la majorité des cas
    • Sur le principe, c'est l'évolution de l'huile de lin + térébenthine. C'est à dire un produit de finition dont le but est de pénétrer d'un mm ou 2 dans le bois, en durcir sa couche d'usage, la protéger des éclaboussures (tendance hydrophobe), laisser le bois respirer (microporeux). Et faire joli bien sûr!
    • MAIS, derrière ce nom très "green", il y a du bon et du moins bon. Voire de la franche tromperie.
      Actuellement, on est o-bli-gé de regarder à deux fois la composition et la décrypter. C'est pénible, un peu compliqué, et on a tendance à s'y paumer, je sais. Ben oui, je dis "je sais", non pas pour me la jouer, mais parce que c'est quand même la raison pour laquelle j'écris cet article, là!
      Corolaire : fuyez toutes les "huiles dures" qui n'avouent pas leur composition.
    • Les huiles dures modernes sont adaptées à un usage intensif. Ca jaunit moins que l'huile de lin+térébenthine. Certains produits sont teintés, et du coup tiennent mieux les UV.
    • Typiquement 2 couches
    • Finition satinée, éventuellement brillante (enfin, "très satinée" serait plus honnête).
      Attention, la finition brillante s'obtient typiquement par ajout d'un peu de cire. Du coup, à éviter sur les bois fermés, comme évoqué pour les cires formulées.
    • Temps de séchage : 12h au moins
      L'huile ne "sèche" pas par évaporation, elle "siccative". C'est à dire qu'elle va rancir, s'oxyder avec l'air. Donc, oui, ça peut sentir moyennement durant le "séchage". Et oui, il faut une ventilation correcte pour apporter de l'oxygène frais. Comme toujours, plus on met de couches, et/ou plus le support et fermé, plus ça sèche lentement. Il faut donc faire particulièrement attention à éviter la poussière, l'humidité et aussi le soleil direct.
      Fuyez toutes les produits qui admettent une 2nde couche quelques heures à peine après la première! Soit c'est bourré à mort de siccatif (et ça devient une sorte de vitrificateur médiocre à grosse marge €€€), soit c'est du vitrificateur peint en vert.
      Une huile dure continue sont séchage à cœur pendant des jours, voire plusieurs semaines. En gros, tant qu'il y a une légère odeur. Pendant tout ce temps, il faut continuer de faire un peu attention, éviter les gros godillots, etc.
Plancher à l'anglaise, finition huilée en cours de pose
Plancher à l'anglaise, finition huilée en cours de pose
    • En gros, il y a 2 classes de recettes.
      • Les huiles solvantées (90% des produits)
        Le solvant est forcément un hydrocarbure. Il n'est pas là que pour améliorer la marge, il sert aussi à faciliter la pénétration dans le bois et "marier" les ingrédients de la popote (il solvante à la fois l'huile et la résine). Qu'il soit pétrochimique, ou d'origine naturelle, ça reste un hydrocarbure (classé invariablement toxique ou allergène, voire les deux).
        Entre ensuite dans la composition-type l'huile proprement dite, une résine pour faire une couche plus dure vers la surface, et un siccatif.
        Tout ça n'est pas neutre et réduit le temps de vie de la finition huilée.
      • Les émulsions (90% du reste)
        Encore appelée dispersion aqueuse. Un joli nom pour la vinaigrette! Ben oui : un mélange de micro-gouttelettes d'huile dans de l'eau (celle du vinaigre), stabilisé grâce à un émulsifiant (acide acétique et moutarde).
        Du coup, pas de solvant hydrocarbure. Et cela permet de limiter voire se passer carrément d'un siccatif.
        Le gros avantage, c'est que la finition huilée durera autant voire plus que l'huile de lin pure, tout en pénétrant mieux dans le bois.
      • Quoi? Comment? Ça fait pas 100%? Hey, j'avais dit "en gros"!
        De toute façon, vous avez déjà deviné de quoi je n'ai pas parlé. Mais si, mais si. Quand l'huile n'est pas associée avec un solvant ou avec de l'eau, c'est... C'est qu'elle est... Pure, oui!
        Ouf, y'en a au moins une qui suit! [2]
        Là, ça demande d'utiliser de l'huile à la fois suffisamment fluide pour bien pénétrer le bois, et bien siccative à cœur. Soit parce que c'est une propriété naturelle, soit parce qu'elle aura subit un traitement pour le devenir. Je n'en parle pas plus ici, vu que c'est un peu marginal (n'en déplaise diverses vantardises commerciales super-green). Vous verrez quand même une paire de produits de ce genre dans le tableau.
        Un de ces 4, je vous causerai de notre plancher à l'huile de noix ;-)
    • Prendre quelques précautions pour les bois "gras" (certains bois exotiques principalement)
      • Les émulsions risquent de ne mal fonctionner, vu que l'eau aura bien du mal à mouiller suffisamment le bois.
      • Dans tous les cas, faire si possible un bout d'essai "pour voir", creuser un peu la littérature...
        D'autant plus que cela peut réagir en affectant la teinte du bois.
      • On peut toujours lessiver. Néanmoins, il faut être conscient que ça ne lessivera guère à cœur.
    • Entretien courant à la serpillère humide (pas trempée) eau + savon noir (qui est un peu gras)
    • A moins d'un gros pépin, la rénovation se borne à repasser une couche après dépoussiérage/nettoyage. J'ai bien dit nettoyage, pas lessivage! Autrement dit, on repasse une couche après un entretien courant un peu plus poussé que d'habitude.
Huiles dures (partie 1)
MarqueProduitComposition officielleSolvantHuileRésineSiccatifEmulsifiantCireEntre couches
Arbre de NoéHuile dureeau, acides gras d'huile de soja, cire modifiée, oxyde de fer, hydroxyethylcelluloseeaustandolie de soja?hydroxyethly-celluloseferhydroxyethly-cellulose?2h
Auro(109) Huile monocouchehuile de lin/bois/ricin/tournesol, acide stéarique, siccatifs dont cobalt-lin, abrasin, ricin (standolie?), tournesol (standolie?)acide stéariquecobalt etc.-acide stéarique24h
(123) Huile dure PureSolid
(126) Huile durehuile essentielle d'orange, ester glycérique de colophane, huile de lin/ricin/tournesol, standolie d'huile de bois, siccatif sans cobalthydrocarbureslin, standolie de ricin, tournesolcolophaneinconnu sans cobalt--24h
Biofa(2044) Huile dure universellehuile de carthame/ricin, hydrocarbure aliphatique, ester de résine de colophane, microcire, cobaltbis (2-ethylhexanoate), siccatif sans plomb, antioxydant, acide silicique, montmorillonite, ester d'acide succiniquehydrocarbures (dont microcire)Carthame, ricinglycérophtalique, silicecobalt-via solvant12-24h
(2059) Huile prohuile de lin/tournesol, cuisson d’huile de bois, ester de résine de colophane, microcire, siccatif sans plomb, oxyde de zinc, antioxydants(microcire)lin, tournesol
Standolie d'abrasin
colophanezinc-via solvant12-16h
BiopinHuile dure natureStandolie d’huile de bois et de colophane modifiée, huile de lin, huile de ricin, terpènes d’agrumes (alcane depuis 2010), siccatif sans plomb et baryumhydrocarbureslin (crue et/ou standolie), abrasin (crue et/ou standolie)
Standolie de ricin
colophanecobalt, etc.--8h
BioroxOléasoldispersion acqueuse à base d'huile végétale (soja), esters de cellulose, siccatif au fer, émulsifiant végétaleausoja (cru ou standolie?)colophaneferPGPR?-6h (sur humide)
Ecofa(250L) Huile dure spéciale avec cireStandolie d ́huile de lin et d ́huile de bois, ester d ́huile de ricin et de résine naturelle, ester de résine naturelle, standolie d ́huile de bois, composants isoparaffiques, alumine, microcire, acide silicique, siccatifshydrocarbures (dont microcire)standolie de lin, abrasincolophane, alumine, silice?-via solvant16-24h
(1555L) Huile cire dure mateEster d ́huile de ricin et de résine naturelle, standolie d ́huile de bois et de ricin, kaolin, alumine, composants isoparaffiques, carbonate de zinc,talc, acide citrique, cire micronisée, acide de silicique, siccatifshydrocarbures (dont microcire)standolie d'abrasin, ricincolophane, alumine, silicezinc, etc.-via solvant16-24h
(1500L) Huile cire dure satinéeEster d ́huile de ricin et de résine naturelle, standolie d ́huile de bois, standolie d ́huile de bois et de ricin, kaolin, alumine, composants isoparaffiniques, cire micronisée, acide de silicique, siccatifshydrocarbures (dont microcire)standolie d'abrasin, ricincolophane, alumine, silice?-via solvant16-24h
(251L) Huile cire dure blanche satinéeHuiles de lin, de ricin, huiles cuites, standolie de bois, esther naturelle, isoparafine, kaolin, talc, carbonat de zinc, cire micronisée, pigments minéraux, extraits secs (Co/Zr/Zn/Mn) hydrocarbures (dont microcire)lin (crue et/ou standolie)
standolie d’abrasin, ricin
?Co/Zr/Zn/Mn-via solvant16-24h
La Maison Naturelle (Probat)Oli’ClassicHuile de lin première pression à froid, huile de lin cuite, huile de bois de Chine, esters d’huiles végétales insaturées, émulsifiant végétaleauLin
Standolie de lin, abrasin
?-PGPR?-12h
Oli’LumHuile de lin raffinée, huile de lin cuite, huile de bois de Chine, esters d’huiles végétales insaturées, émulsifiant végétal, pâte pigmentaire anti UV, eaueauLin
Standolie de lin, abrasin
?-PGPR?-12h
Huiles dures (partie 2)
Leinos(240) Huile dure intérieurehuile de lin, standolies d’huile de bois et ricin, ester de colophane, isoparaffine, siccatifshydrocarbureslin
standolie d’abrasin, ricin
colophane?-via solvant?16-24h
(245) Huile dure spécialestandolie d’huiles de lin/bois/ricin, ester de colophane, isoparaffine, alumine, microcire, acide silicique, siccatifshydrocarburesstandolie de lin, abrasin, ricincolophane, alumine, siliceZirconium, manganèse-via solvant?16-24h
Naturalys-LasuralHuile dure naturelle pour intérieurhuile de lin/bois, colophane, cire de carnauba, distillat d'orange, sels métalliqueshydrocarbureslin, abrasincolophane?-carnauba24h
Nature et harmonie(103) Huile dureHuile de lin/bois de Chine/ricin, alkyde d’huile de soja, résine de colophane, isoparaffine, retardateur de peau sans oxime, siccatif sans plomb ni colbalt hydrocarbureslin, abrasin, ricinglycérophtalique?
(sans cobalt)
-via solvant?4 à 6h
(431) Huile durcissante haute résistancedispersion d'huiles végétales modifiées, eau, cire, conservateureaustandolie d'huile inconnue ou résines glycérophtaliques?-PGPR?inconnue1h
Nature et harmonieHuile cire spécialeHuile de lin cuite, cire de carnauba/minérale, paraffine, isoparaffine, retardateur de peau sans oxime, siccatif sans plombhydrocarburesstandolie de lin-?-parrafine, carnauba24h
OléoboisPerl’oléo parquethuile de lin première pression à froid, huile d’abrasin, esters d'huiles végétales insaturées-lin, abrasin?---12h
Blanc’oléo parquetHuile de lin première pression à froid, huile de lin cuite, esters d’huiles végétales insaturées, pâte pigmentaire anti UV, eau, émulsifiant végétaleauLin
Standolie de lin
?-PGPR?-12h
RubioMonocoat oil plus 2Cnon communiqué-lin ???-?24h
SyntilorHuile parquet spéciale salle de bain(<2,5%) DIPROPYLENE GLYCOL MONOMÉTHYLIQUE ÉTHER
Jusqu’à 2 % d’isothiazolinones (biocides)
Le reste, c’est mystère et boule de suif (microbilles et nettoyage à l’eau)
?????? 
Huile parquet nature protectJusqu’à 2 % d’isothiazolinones (biocides)
Le reste, c’est mystère et boule de suif (nettoyage à l’eau, 2h entre couches)
?????? 
Huile parquet 2 en 1Solvant aliphatique (alcanes jusqu’à 75%), le reste est un florilège de pétrochimie et sels métalliques…hydrocarbures??divers?? 
Volvox(2-340) huile durevernis à l'huile de lin, huile de bois, résine dure au colophane, standolie d'huile de ricin, isoparaffine, produit antipellicule, siccatifhydrocarbureslin, abrasin
Standolie de ricin
glycérophtalique, silice?-via solvant?24h (ponçage)
Volvox(1-311) huile dure à base de planteshuile de lin, isoparaffines, huiles essentielles, siccatif sans plombhydrocarbureslin-?--24h
(2-346) Huile dure machinehuile de lin/tung, standolie d'huile de lin, résine dure de chaux/tung, siccatif, acide silicique, cire d'abeille/candelilla, isoparaffine, produit antipelliculehydrocarbureslin, abrasin
Standolie de lin
?
Silice
?-Abeille, candélilla6 à 24h
(2-342-44) huile dure machine usage intensif
(2-348) huile cire durehuile de lin/tung, résine de colophane, cire d' abeille/carnauba, siccatifs sans plomb, produit antipellicule-lin, abrasincolophane?-Abeille, carnauba5 à 24h

En bleu/cyan : les informations qui ne sont pas révélées par le fabricant.
En fond gris : les produits à oublier, à mon humble avis.

 

Comme on peut le voir, les fabricants usent de poésie...
Un peu de décryptage s'impose.

isoparaffine, microcire, cire micronisée, cire micro-cristalline, hydrocarbure aliphatique, terpène, ...
Ca regroupe tous les hydrocarbures "simples", sans noyau benzénique (qui sont dit aromatiques). Cela va des solvants les plus volatils (terpène), en passant par les solvants gras (white spirit désaromatisé, kerdane), les paraffines liquides et solides (fusion à 60°C), et les "isanes" (les plus lourds fondent à >200°C).

Huile essentielle d'orange, terpène d'agrume, distillat d'orange
C'est un des hydrocarbure aliphatique, allergène connu, obtenu par extraction ou synthèse. La démonstration directe que le "sent bon" ne signifie pas automatiquement écologique ou bon pour la santé.

Phtalates
Selon la composition, ça va du solvant organique à l'utilisation comme réactif dans l'élaboration des résines glycérophtaliques qu'on retrouve dans les peintures éponymes.

Standolie, huile cuite, huile végétale modifiée
Huile chauffée sous vide ou au atmosphère pauvre en oxygène. Le but est d'en accélérer la siccativité / faciliter sa polymérisation (effet qui peut être renforcé par un traitement aux UV, en atmosphère pauvre en oxygène, bien sûr!)

Huiles de lin, abrasin/Tung/bois/bois de chine, tournesol, carthame, ricin, soja
Le lin siccative mal à cœur (à cause de sa part d'acide linoléïque, à ne pas confondre avec l'acide linolénique).
L'abrasin est naturellement siccatif, mais doit normalement être transformé un poil pour éviter d'être allergénique.
Attention, soja et ricin sont semi-siccatives. Si elles ne sont pas un minimum transformées (typiquement par standolisation), c'est une arnaque! Idem tournesol et carthame.
Quid des "première pression à froid", "raffinée", et autre expression fleurie? Du marketing en demi-teinte : le procédé d'obtention de l'huile de lin, quel qu'il soit, doit amener une huile de qualité correcte en évitant de trop l'oxyder, basta. Traduction : pas une huile de vidange. On le sait que l'huile de lin "tout venant" jaunit un peu. A l'extrême inverse, on ne va pas peindre La Joconde sur le plancher! Une huile fine pour peinture de Maitre, c'est overkill, Bill.
A ce propos, voici les conseils de JPP/Caséo pour clarifier soi-même une huile de lin un peu trop huile de vidange.

J'en profite pour vous suggérer de visiter une huilerie artisanale à l'occasion. Trèèès instructif et fort sympathique.

Huilerie artisanale de Blot l'Eglise, dans les Combrailles
Huilerie artisanale de Blot l'Eglise, dans les Combrailles

Cire d'abeille, de candelilla, de carnauba
La cire d'abeille pure n'est pas siccative. Sans solvant, elle est dure à température ambiante, avec un risque de ramollir en plein soleil. Les deux autres cires sont à la fois plus siccatives, et un peu plus résistantes à la température.

 

Pour mémoire, la siccativité d'un corps gras est estimée au travers de son indice d'iode.

Indice d'iode
Huiles végétales 
Coprah5-9 
Palmiste12-19 
Palme45-58 
Olive80-88 
Noisette83 
Arachide86 
Ricin86 
Amande douce95 
Colza101 
Pépins de raisin106 
Sésame112 
Germe de blé112 
Germe de maïs115 
Carthame124 
Soja130 
Tournesol132 
Noix135-151 
Chanvre145-170 
Abrasin156-175 
Lin cultivé180-190 
Chia190-199 
Perilla192-208 
CiresFusion
Cire d'abeille8-1162°C
Cire de carnauba1368°C
Cire de candelilla30-3583°C
Graisses animales 
Beurre30-45 
Suif de bœuf42-48 
Saindoux52-68 
Hareng135-140 
Foie de morue137-166 
Sardine170-190 

En vert clair : huile ou cire semi-siccative
En vert foncé : huile ou cire siccative

Sources :

Ester de résine de colophane, esters de cellulose, ester de résine naturelle, ester glycérique de colophane
C'est une résine bas de gamme pas trop dure (une gomme), de la classe des résines polyester. C'est aussi l'un des 2 réactifs principaux pour faire de la résine glycérophtalique (voir ci-dessous). Le hic, c'est que les fabricants peuvent jouer avec les mots pour cacher qu'ils sont allés plus loin dans la transformation de la colophane, c'est à dire jusqu'à la résine glycérophtalique. Ce qui n'est pas mortel, mais nettement moins bien.

Hydroxyéthyl-cellulose
Une autre gomme, à mi chemin entre une résine et une "cire". Le nom est moche, le procédé d'obtention peut-être pas écolo. A part ça, rien à signaler.

Alkyde d'huile de.., résine dure de ..., ester d'acide succinique & colophane
Traduction : résine glycérophtalique, avec un nom plus "greeeeen". C'est une résine beaucoup plus dure que les gommes. Autant ça n'a rien à faire dans la composition d'une peinture dite "écologique", autant ça se discute pour une huile dure.
En quantité limitée, bof bof. On n'ira quand même pas jusqu'à en faire une jaunisse.
En grande quantité, no way :on n'est plus sur une huile dure mais sur un vitrificateur filmogène inavoué!
==> C'est là que l'information du temps de séchage entre couche intervient : entre 1 et 6h, y'a un loup!

Acide silicique, silice colloïdale, montmorillonite
Oxyde d'aluminium, alumine

A vue de nez, ils sont utilisés comme un plastifiant qui surnage, c'est à dire un durcisseur superficiel. C'est pourquoi je les ai classés dans les résines pour le tableau.

Siccatif sans plomb, siccatif sans cobalt, ...
Pour le plomb, c'est juste du marketo-pipo variante homme de paille : les sels de plomb dans les finitions sont interdits depuis 1949. Alors, s'en vanter 70 plus tard, c'est franchement prendre les gens pour des jambons. A la place, les fabricants utilisent des sels de cobalt. Pas top. Ou zinc/zirconium. A peine mieux. Plus récemment, ce sont des oxydes de fer II. Ca, c'est ok.
Dès lors qu'on solvante l'huile, elle va siccativer plus difficilement. Le siccatif cherche à compenser ça. Il sert aussi à rendre siccatif les composés dans l'huile qui ne le sont pas (typiquement, l'acide gras linoléïque, et il y en a pas mal dans l'huile de lin).
Le hic, c'est que le siccatif accélère l'oxydation pour toute la vie de l'huile dure. Il ne disparait pas comme par magie durant la phase de séchage. Il continue d'être là et de réagir lentement pendant la phase d'utilisation. Du coup, ça accélère le vieillissement de la finition (oxydation ultime qui dégrade la couche en surface. L'ami Caséo explique que c'est une histoire d'acide sulfurique).
L'information du temps de séchage entre couche intervient ici aussi : en dessous de 12h, c'est très probablement surdosé en siccatif! Mieux vaut taper dans les produits 24h entre couches.
Évidemment, l'idéal est d'éviter le recours au siccatifs. C'est à dire utiliser une huile dure naturellement siccative : soit "pure", soit en émulsion.

Emulsifiant végétal[3]
A vue de nez, c'est du PGPR. Si ce n'est pas précisé "végétal", c'est plus probablement du DMG (monoglycérides distillés alias Dimodan®©TM€$, obtenu à partir de graisses animales et végétales). Comme son nom l'indique, son rôle est de stabiliser l'émulsion.

Acide citrique, agent antioxydant, retardateur de peau
Je me demande si ce n'est pas le comble qui touche le fond. C'est l'ajout d'un antioxydant pour éviter la formation d'une peau dans le pot, alors que le but ultime est justement que l'huile s'oxyde!

Conclusion

La préférence va aux huiles dures.

Quitte à me répéter, on parle ici de plancher et parquet en bois d'arbre, en omettant volontairement les popotes maison. D'autant plus que faire maison et mieux pour un plancher à huiler n'est pas aussi simple que supercalifragilisticexpialidocious !

Laquelle, d'huile dure? Hélas, tout les fabricants jouent à cache-cache sur la composition. C'est pénible, et induit qu'aucun produit n'approche l'idéal (pas cracra à la pose et à l'usage, fiable, durable, peu transformé, etc.). Voici ceux qui sortent du lot (juin 2017), par ordre de préférence :

  1. huile en émulsion : LMN oli'classic (incolore) ou Oléobois blanc'oléo (teintée)
    la seule huile-cire en émulsion ne passe pas le crible
  2. huile solvantée : Auro 126 ou Leinos 240
    huile-cire solvantée : Naturalys-Lasural huile dure blablabla...
  3. huile "pure" : Oléobois perl'oléo
  4. huile-cire "pure" : Volvox 2-348
    Attention, en l'absence d'émulsion ou de solvant, elle risque d'être difficile à passer

Où trouver tout ça?
Cherchez dans l'annuaire de l'association Batir-sain, et l'annuaire de l'excellent magasine La maison écologique.

Ca coute un œil ou bien?
Autour de 20-25€/l. Une fois rapporté au m², ce n'est pas excessif du tout, et même moins cher que certains vitrificateurs "pas cher" en GSB. Les prix varient de façon importante, y compris selon la quantité, qui le vend pour un même produit, ...

N'oubliez pas que  le prix de vente en boutique physique, c'est "service compris". Il comprend le conseil/support & éventuelles reprises d'excédents inutilisés ;-)

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[1] C'est pas moi qui le dit, c'est JC & Manu Mengoni dans leur livre Matériaux écologiques d'intérieur : aménagement, finition, décoration pour un habitat sain. Je vous le conseille vivement si vous ne l'avez déjà! Dubitatif sur le contenu? Ok, passez voir les finitions du gite de Françoise et Jean-Claude Mengoni. et en discuter directement avec eux. De ça ou de plein d'autres choses, d'ailleurs :-)

[2] Il semble que Mesdemoiselles et Dames soient plus enclines à s'intéresser aux histoires de finition que Messieurs. La tentation était trop forte de glisser un clin à ce cliché culturel. Surtout quand c'est un mec qui écrit l'article :-D

[3] Pour plus de détails sur les enjeux des émulsifiants industriels, voir Dridi2016 : "Influence de la formulation sur l'oxydation des huiles végétales en émulsion eau-dans-l'huile".

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