C'est quoi l'inertie?

Publié le par Yoghourt

(12 avril 2017 : depuis novembre 2006, il y avait bien besoin de refaire la mise en page! Au passage, mise à jour avec des épaisseurs plus en phase avec les pratiques actuelles, des valeurs plus récentes pour les matériaux, et 2-3 bricoles)

J'entends parler d'inertie thermique. C'est quoi donc?

Pour comprendre ce qu'est ou n'est pas l'inertie, il faut d'abord comprendre quelques notions de bases.
Les fainéants et les over-pressés peuvent se contenter de lire les commentaires en bleu.

Isolation thermique

Porte-fenêtre au standard passif en 3 minutes!

Porte-fenêtre au standard passif en 3 minutes!

Un matériau limite les transferts de chaleur, grâce à sa résistance thermique Rth.

Rth = épaisseur / λ

  • λ (lambda) étant la conductivité thermique du matériau.

Les isolants usuels conduisent très mal la chaleur : λ = ~0,04 W/m/°C
Exemple : ouate de cellulose, fibre de bois, liège, perlite, vermiculite, laines minérales, ...

Les parois maçonnées conduisent très bien la chaleur : λ = 2,3 W/m/°C pour le béton armé.

Une isolation rapportée de 16cm de fibre de bois semi-rigide présente une résistance thermique Rth = 0,16/0,04 = 4 m².°C/W
Un mur porteur de 20cm de béton armé aura une résistance thermique de Rth = 0,2/2,3 = 0,087 m².°C/W
Ca veut dire que, quand 5W de chaleur passe au travers de 1m² d'isolant, le mur porteur dans les mêmes conditions laissera passer  5*4/0,114 = 230 W !

Pour comparaison :

Laisseriez-vous 200 télés et autres appareils électriques inutilement en veille dans votre maison? Non?
Alors aucune raison de laisser allumées nuit et jour une gigantesque guirlande de plus de 500 ampoules électriques de 100W !

ISOLEZ!

Et une épaisseur sérieuse, pas juste 3-4cm façon bricolo-radin.
Sinon, il vaut mieux laisser en attente, pour éviter de "tuer le gisement".

Au fait, pourquoi 200? Pour 200m² de murs d'enceinte, ce qui est un chiffre très réaliste pour une maison individuelle.

Rappel: le métal n'est pas un isolant, bien au contraire!

  • acier: λ = 50 W/m.K
  • aluminium: λ = 230 W/m.K

Les suspentes et rails métalliques noyés dans l'isolation rapportée, c'est une aberration. Une perte sèche sur les performances de 30%.
Pour l'isolation intérieure, on a le choix entre l'ossature bois et les poutrelles bois en I ou en T. Au pire, exigez au moins des suspentes/écarteurs en plastique. Et vérifier que c'est bien ça qui a été posé!
Idem pour l'isolation intérieure ou extérieure en plaques à enduire, évitez tant que faire se peut les chevilles métalliques.
Pour l'isolation extérieure bardage, les équerres métalliques, c'est pas mieux. Néanmoins, impossible d'ignorer que ça reste la solution la plus simple et plus rapide à mettre en oeuvre. Si l'on n'arrive pas à mettre la main sur des équerres "isolantes", il faudra minimiser le problème en ménageant une rupture de pont thermique, d'une manière ou d'une autre.

Masse thermique

Briques, pierre, béton, ... Thermiquement, c'est du lourd!

Briques, pierre, béton, ... Thermiquement, c'est du lourd!

Un mètre-cube de matériau stocke et restitue de l'énergie thermique via sa capacité thermique volumique S.

S = ρ * Cp

Selon les unités du système international, S est en J/m3/K. Ca n'est pas follement causant, aussi on aura plutôt tendance à manipuler S en kWh/m3/°C = 1/1000/3600 * J/m3/K

Beaucoup de "masses thermiques" usuelles sont capables de stocker beaucoup de chaleur, sans qu'on ait besoin d'atteindre des températures indécentes.
Exemple : l'eau, la pierre, le béton...

Bon, tailler le bout de gras pour 1 m3, soit, mais on est plutôt intéressé par la capacité thermique "surfacique", c'est à dire par m² de matériau posé, qu'on va noter Cth :

Cth = S*e

Reprenons nos 2 cas de figure pour illustrer ça.

La fibre de bois semi-rigide a une masse volumique d'environ 40kg/m3. Sa capa thermique Cp est celle du bois : 1950J/kg/K. Du coup, les 16cm dont on a déjà parlé ont une capacité thermique surfacique de Cth = 0,16*40*1950/1000/3600 = 0,0035 kWh/m²/°C
Et pour les 20cm de béton armé? Masse volumique 2,3t/m3, et de capa thermique Cp ~1000J/kg/K → Cth = 0,2*2300*1000/1000/3600 = 0,128 kWh/m²/°C, soit 37x plus que nos 16cm d'isolant!

Les rolls des isolants pour la capacité thermique (fibre de bois haute densité, panneau de roseaux) plafonnent lamentablement à 0,024kWh/m²/°C pour la même résistance thermique que nos 16cm de fibre de bois semi-rigide. La conclusion est sans appel :

TOUS les isolants usuels ont une capacité thermique faiblarde en comparaison de la maçonnerie.

Faisons quelques petits calculs de capacitance :
- 0,0037 * 200m² = 0.7 kWh / °C
- 0,128 * 3m*2.5m = 0.96 kWh / °C
Ça veut dire qu'un simple mur de refend de 3m de long retient mieux la température que la totalité de l'isolation d'une maison individuelle. Or la fibre de bois semi-rigide présente une plus grande capacité thermique volumique que la majorité des isolants classiques en ITI : laines végétales/minérales/animales, ouate en vrac ou insufflée, polystyrène. D'où une 2e conclusion claire :

Pour réguler la température intérieure, misez sur la maçonnerie DANS la maison plutôt que l'isolation intérieure (contrairement à ce que prônent certains vendeurs).
Vive la fraicheur sans clim!!!

Petit exercice pour les petits malins qui prêchent que le placo ou le fermacell apporte une super masse thermique et stocke plein de chaleur : masse volumique ρ=~1100kg/m3, capa thermique Cp=~1300J/K/kg, épaisseur 13mm. Faites le calcul de capa thermique surfacique : c'est aussi faiblard qu'un isolant!

Mais au fait, quels sont les champions de la capacité thermique, à même épaisseur? Le granit, le béton, et...le bois dense!

Déphasage et amortissement

Le bois, vice-roi du déphasage/amortissement. Mais encore faut-il qu'il soit continu!

Le bois, vice-roi du déphasage/amortissement. Mais encore faut-il qu'il soit continu!

En fonction de son pouvoir isolant (λ) et de son pouvoir de stockage (S), la chaleur se diffuse plus ou moins bien dans un matériau. Autrement dit, une vague de chaud ou de froid d'un côté du matériau met +/- de temps à le traverser (déphasage), et sera atténuée au passage (amortissement).

diffusivité ↓ = déphasage ↑ = amortissement ↑

Pour les matheux et les physiciens :

  • diffusivité = λ / S = λ / ρ.Cp
    En unité du système international, elle est en m²/s. La diffusion de chaleur dans les matériaux qui nous intéressent est lente, elle est  plus souvent donnée dans notre contexte en m²/h
  • célérité = 0,725 * √diffusivité
    Cela traduit la vitesse de propagation de l'onde de chaleur quotidienne.
    Attention, cette formule prend la diffusivité en m²/h, et donne alors la célérité en m/h. C'est quoi ce 0,725 magique? Cf les commentaires : c'est √4*π/24. La formule en unités du système international, c'est célérité = √4*π/(24*3600) * √diffusivité. Oui, je sais, ça pique un peu les yeux...
    Il y a quelques années, la refonte d'overblog a dézingué les liens dans les commentaires. A défaut, vous trouverez ici une démonstration qui aboutit à cette formule. Au passage, cet article pointe que c'est assez discutable d'utiliser cette formule pour palabrer sur le confort d'été des parois. Son vrai domaine d'application, c'est le sol.
  • déphasage = épaisseur / célérité
    Si la célérité est en m/h, on obtient bien évidemment un déphasage en heures.
  • amortissement = e- 0,262*déphasage
    Sans unité. Les puristes peuvent le passer en dB si ça les chante Clin d'oeil
    On parle aussi d'atténuation. D'ailleurs, je préfère ce terme, aussi c'est celui que vous trouverez dans la feuille de calcul bilan_hygrothermique.ods.
    Oui, je sais, claquer une exponentielle e() avec une racine racine carrée dedans, ça fait tirer la langue. Je décline toute responsabilité en cas de combustion spontanée du mono-neurone "les ch'tis chez la famille Kardashian". Mal de tête Vous pouvez toujours vous reposer sur diverses calculettes magiques sur le web -avec le risque que ça soit mal codé ou que ça soit basé sur des valeurs discutables. Ou encore utiliser l'onglet matériau de la feuille de calcul bilan_hygrothermique.ods. Non, je ne suis pas chauvin, c'est juste que la colonne atténuation a pile été mise en place pour rendre ce service -en toute transparence.
    Sinon, c'est quoi ce 0,262 mathémagique? C'est la pulsation journalière : 2*π/24.
    Attention, la formule ci-dessus prend le déphasage en heure. Pour un déphasage en unité du système international, c'est à dire en seconde, la formule devient amortissement = e- 2*π/(24*3600)*déphasage

En fait, je n'ai pas vraiment expliqué ce qu'est l'amortissement. Imaginez une journée dont les températures mini-maxis sont Tmin et Tmax. De l'autre côté du matériau, on s'attendra à un écart de température de (Tmin-Tmax)*amortissement. C'est bête comme chou.

A noter : en regardant la formule, il devient clair que comparer des déphasages ou des amortissement, c'est du pareil au même. Si on fait une comparaison à épaisseur constante, c'est même "équivalent" à comparer des diffusivités.

"Bah, pas besoin de calculer, tout le monde sait que plus c'est dense, plus ça déphase, non?" NON.

Nos 16cm de fibre de bois semi-rigide déphasent d'un peu plus de 5h.
Nos 20cm de béton armé déphasent de...4h30!!!

Le champion du déphasage, c'est le bois massif : 20cm de bois dense déphase de presque 16h! Logique : il est déjà parmi les champions de la masse thermique, et il isole mal mais laaaargement mieux que les matériaux lourds/maçonnés. Evidemment, encore faut-il qu'il soit à peu près étanche à l'air (bois brut homogène, lamellé-collé, panneaux). Sinon la chaleur passera par le chemin le plus facile.

Pour une épaisseur donnée, ce qui détermine le déphasage n'est pas seulement la densité (rho), ni le pouvoir isolant (lambda), ni la chaleur massique (c ou Cp). C'est la diffusivité, qui est un mélange de tout ça.

Hummm Alors, c'est quoi l'inertie thermique?

Tout d'abord, ce n'est pas la densité (rien à voir avec la chaleur). Pas content!Riez au nez des gens qui vous disent ça, parce que moi j'en ai marre de le rabâcher. Et si ça moufte, dégainez le bois massif.

En fait, "l'inertie" sera tour à tour la capacité thermique ou le déphasage, selon le contexte. Aïe, c'est là que c'est pas pratique, et que pas mal de gens s'emmêlent définitivement les pinceaux, y compris des professionnels du bâtiment.

Bon, tu la craches ta valda? Par exemple, "l'inertie de l'isolant", elle sert ou pas?

Imaginons un isolant qui n'a aucune capacité thermique. Une lame d'air fera très bien l'affaire pour ça.

La chaleur se diffuse à vitesse grand V dans cet isolant. Si bien qu'en été ou en hiver, la moindre différence de température se traduit par une variation du flux de chaleur. Et vice-versa (c'est d'ailleurs le principe de la serre de jardin).

Ca chauffe sous le ciboulot! En été, si on n'a pas moyen de pomper cette chaleur, elle va s'accumuler et la température va finir par monter. Deux solutions :

  1. atténuer (et accessoirement retarder) la chaleur jusqu'au moment où on pourra l'évacuer facilement (la nuit) -> amortissement (et accessoirement déphasage).
  2. pomper la chaleur pour réguler la température: capacité thermique.

On a bien vu que la capacité thermique des isolants est plutôt faiblarde. On va donc miser sur l'atténuation (même si on parlera plus facilement déphasage) + des matériaux à forte capacité thermique à l'intérieur pour réguler : dalle en béton, mur de refend en pierre ou en pisé... Et aussi le mur d'enceinte lui-même si on est en isolation thermique par l'extérieur! Attention, pour l'ITE, il vaut mieux être conservateur et ne se reposer que sur "l'effet de peau" pour le décompte de la capacité thermique utile du mur en dur.

Flocon En hiver, reprenons notre "paroi" en isolant sans aucune capa thermique. On a des radiateurs ou tout autre dispositif de chauffe qui fournit de la chaleur en vue de maintenir la température. Quand il y a du soleil, le radiateur sera tranquilou voire éteint. En pleine nuit bien froide, il turbinera pour compenser les pertes. C'est du on/off, pas très agréable, ni très efficace pour la chaudière. Deux solutions :

  1. atténuer et retarder la baisse de température jusqu'au moment où il fait meilleur à l'extérieur. Vu que la température moyenne à l'extérieur est de toute façon basse, ça n'ira pas chercher bien loin comme gain énergétique.
  2. stocker la chaleur quand le radiateur est "on" et la relarguer quand il est "off". Mais vu sa capa thermique faiblarde, ça n'aura jamais autant d'impact que la masse thermique intérieure (dont les murs en dur de l'ITE).

 Conclusion

  • l'inertie de l'isolant, c'est sa capacité à ne pas diffuser la chaleur trop vite. Ca se "mesure" avec le déphasage. Et c'est essentiellement un plus en été.
     
  • l'inertie d'une maison, c'est sa régulation naturelle : des matériaux stockeurs de chaleur entourés/protégés par de l'isolant. C'est crucial en été et ça améliore le confort en hiver. Ca se "mesure" avec la capacité thermique à l'intérieur du volume isolé.

Tchin tchin!

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jc 15/05/2013 15:07

Bonjour,
super le site, pas trouvé plus précis et clair!!
Par contre, j'ai qq petites questions/remarques.
Vous comparez 12cm d'isolant avec 45 cm de béton donc la différence n'est plus que de 20X? je me trompe peut-être ?
j'ai fais les calculs pour le fermacell
e=0.013m
densité = 1125kg/m3
chaleur spécifique = 1265J/kg.K
pour 200m² de fermacell : 0.013*1125*1265/3600*200=1027Wh/°C
pour un mur brique creuse 3mx2.5
e= 0.2m
densité = 680kg/m3
chaleur spécifique = 1009J/kg.K
ça donne : 0.2*680*1009/3600*3*2.5=285Wh/°C

les 200m² de fermacell apporte 4 fois (1027 versus 285) plus d'inertie que les 3 m de mur en brique. Même avec un mur en brique pleine le fermacell apporte beaucoup d'inertie.

Merci de me corriger si je me trompe ?

jc 05/08/2013 10:02

j'ai validé un peu vite...

je me permets de vous redire que je trouve ce site très très bien fait, et que j'ai pas trouvé mieux ailleurs!! (et c'est pas de la langue de bois!!)
alors mille mercis

cordialement
jc

jc 05/08/2013 09:50

Bonjour,
merci de votre réponse mais je ne partage pas ce point de vue, sinon cela revient à dire qu'un vase en terre cuite apportera plus d'inertie dans une maison que 200m2 e.i. plus de 2 tonnes! (à surface égale la terre cuite à plus d'inertie que le fermacell!).
La comparaison à surface égale est indispensable pour comparer les matériaux entre eux... mais c'est tout.
Comme vous le dite "pour réguler la température intérieure, "misez sur la maçonnerie DANS la maison plutôt que l'isolation intérieure" et dans ce cas ce qui est dans la maison apporte de l'inertie : mur porteur, poelle de masse, cloison placo ou fermacell...

de plus je ne pense pas qu'avec 200m2 de fermacell on fait un labyrinthe... d'ailleurs vous le dite vous-même : "Pour 200m² de murs d'enceintes, ce qui est un chiffre très réaliste pour une maison individuelle." alors si il y a 200m2 de mur d'enceinte il doit y avoir pas loin de 200m2 de placage intérieur avec fermacell ?? et je compte pas les cloisons...

Bon honnêtement, je crois que je chipote, on est d'accord sur le plus important : il faut mettre un maximum de "~masse" à l'intérieure

Mayar 18/06/2013 21:27

Bonjour,
Vous comparez 200m² de fermacell avec 7,5m² de brique. Euh, en pratique, je n'ai jamais entendu qui que ce soit envisager de transformer sa maison en "labyrinthe du Minotaure de Fermacell" pour un apporter plus de capacité thermique... C'est pour ça que je raisonne plutôt à surface constante, et en jouant plutôt sur la composition des parois.
Cordialement,
Y.

sacha 14/09/2012 13:43


Bonjour,


Je lis avec interet votre site. Dans mon cas j'habite à Bangkok, pas d'hiver froid, ni de nuits trop fraîches.


Vaut il mieux perdre de la hauteur en isolant beaucoup ou peu en ayant plus de hauteur? Question bête mais nous envisageons d'acheter un appartement tout en haut de l'immeuble avec un toit
plat en béton qui recoit le soleil tous les jours....


Merci d'avance si vous avez une réponse et bravo pour votre site


 


Sacha


 


 

Yoghourt 15/10/2012 13:01



Oulaa!
Je ne connais pas du tout le climat de Bangkok. Heureusement, Internet est mon ami.
...
Mmmmh, peu de variation de température. Saison sèche en "hiver" et saison des pluies en "été". Humidité relative assez importante toute l'année.
Voici mon très humble avis :
- végétalisez la terrasse au maximum avec des plantes à feuillage permanent ou marescent qui laisseront un passage à l'air sous les feuilles. Choisir des plantes qui n'ont pas besoin de beaucoup
d'eau liquide, sinon ça fera trop d'humidité relarguée et de boulot d'arrosage en saison sèche. Ca peut être une végétalisation au sol (si votre copro l'accepte et que la terrasse s'y prête), ou
bien plus des plantes en pot/bac et une treille. Le couvert végétal évitera de "charger" la dalle avec la chaleur du soleil. Le passage d'air facilitera l'évaporation tout en limitant les risques
d'excès d'humidité d'une végétation rase en climat tropical. Ca reprend un peu le principe des maisons sub-tropicales (style  Indiens Caraïbes)
- si vous climatisez peu. Pas besoin d'isoler.


- si vous climatisez beaucoup et que les apports solaires sont bien maitrisés, ça peut être intéressant d'isoler un petit peu le plafond. A condition que la terrasse soit bien protégée du soleil!
Sinon, il y a risque de fissurer la dalle à la longue, à cause des différences de dilatation entre ferraille/béton isolé/béton des ponts thermiques

Au-delà de ces très humbles commentaires, il faudrait décortiquer les techniques de construction traditionelles. Comprendre un peu le pourquoi du comment. S'en inspirer et transposer, tout en se
donnant les moyens de vérifier si "objectivement ça marche"...

Très cordialement,
Y.
P.S. Une petite photo de là-bas pour faire nous faire réver?



christian 17/05/2012 10:01


Bonjour, je suis tombé par hasard sur votre site, et le hasard fait bien les choses, car je n'arrivais pas à trouver de bonnes infos sur le déphasage et la diffusivité des matériaux. Enfin un
site qui explique ça concrétement(félicitation). D'ailleurs j'ai téléchargé votre feuille de calcul qui est très bien faite, mais un peu trop technique pour moi, d'où mon commentaire. Pour ma
part j'ai un projet athypique, je veux faire construire une péniche et je recherche les bons matériaux pour l'isoler du froid et bien l'isoler de la chaleur en été (car celle-ci est tout en
acier), je voulais savoir si votre site est toujours en activité, et si je peux faire appelle à vos connaissances pour bien déterminer l'isolant ou les isolants à adapter dans la péniche.


Merci par avance.

Yoghourt 22/06/2012 12:35



Bonjour,


Le site végète (aïe, pô taper!)
Pour discuter votre projet, le plus simple est d'ouvrir un sujet sur
http://forums.futura-sciences.com/habitat-bioclimatique-isolation-chauffage/
et m'indiquer lequel c'est par MP ou ici en commentaire.
Je me souviens de discussions passées concernant l'isolation d'une péniche. Il en ressortait avant tout le besoin d'un isolant insensible à l'eau.


A vous lire sur futura? :)


Yoghourt



dumont 21/08/2011 17:10



bonjour


nouveau sur le site je trouve des infos interessantes


je suis entrain d'acquerir une périgourdine qui possède des combles aménageables et le vendeur vient de poser avec une agrafeuse un isolant fin de type triso super 9 + dosse de 25mm .....compte
tenu de la litterature technique si peu élogieuse sur ce produit je me pose la question de tout enlever pour repartir avec un isolant classique .


sachant que je souhaite finir l'espace entre poutres verticales avec un nergalto et platre quelles solutions restent possibles. pour éviter la condensation et des risques de fuites ou oréoles à
travers le platre je ne pense garder cet isolant (cette maison subit les ecarts thermiques du Périgord.....)


merci d'un conseil avant le grand saut....



Yoghourt 28/10/2011 13:09



Bonjour, et mes excuses pour avoir mis tant de temps à répondre.


Pas trop de risque d'auréoles sur le plâtre, ça arrive plutôt avec de l'eau liquide qui goutte régulièrement. Plus de risque de développement de moisissures à la longue et d'humidité : le plâtre
sec réhumidifé retient la flotte et ne la lâche que très difficilement hélas. En tout cas dans mon expérience.
Ca serait pour moi, je négocierai potentiellement une baisse de prix sur base d'un DPE pourri, et surtout, oui, j'enlèverai l'IMR pour le remplacer par un isolant classique + frein-vapeur (à
sélectionner selon le type de mur), le tout posé très soigneusement. L'IMR se recyclera à merveille pour isoler la porte de garage par exemple :p
Sinon, je suis surpris par l'utilisation d'un treillis métallique déployé ("nergalto") en intérieur. Chez moi, pour support d'enduit intérieur, je reste sur  natte de bambou fendu, avec
toile de jute noyée dans le gobetis (écobilan bien meilleur, très agréable à la pose, les chutes vont au feu ou pour les nids des oiseaux). Si j'avais à disposition et au même prix du lattis, je
serai même parti dessus, c'est à dire la méthode super-traditionnelle d'avant les plaques de placo.
Cdlt,


Yoghourt



sid 09/07/2011 13:04



Bonjour,


Tout d'abord merci pour votre article et vos réponses aux questions précédentes, on voit que vous avez à coeur d'aider les gens.


Je viens d'acheter une maison dans laquelle aucune isolation n'a été placée ni pour la toiture, ni pour les murs. Je me casse donc la tête depuis quelques semaines pour calculer "l'isolation
idéale" grâce à vos formules et à votre feuille de calcul "bilan hygrothermique".


Après avoir fait pas mal de calculs et approché de ce que je désirais (primes à l'isolation, déductions fiscales etc etc prises en compte), j'aperçois dans le tableau, en tout petit, "botte de
paille" et me rend compte que pour 1/10 du prix, si pas moins, je peux obtenir toutes les caractéristiques que je désire.


D'où (enfin) ma question: comment est-il possible que cet isolant magique fonctionne mieux que (à peu près) n'importe quel autre, et qu'il reste néanmoins aussi abordable? Y-a-t'il des "vices
cachés" à la paille? Est-il possible d'espérer isoler sa maison avec de la paille sans craindre l'eau, etc?


En vous remerciant de votre réponse,


sid


 



Yoghourt 28/10/2011 12:53



Bonjour,


Pas de miracle : la paille n'est pas un produit industriel, c'est tout. Le bon côté, c'est que c'est un isolant correct à éco-bilan et prix canons (si elle vient du champ à côté de la maison). Le
mauvais côté, c'est qu'il n'y a pas de contrôle qualité , de conformité certifée à un label, de packaging en rouleau ou panneau pile à l'épaisseur souhaitée.
Oui, il est possible d'isoler sa maison avec le la paille. Je n'ai pas testé moi-même, bien qu'ayant filé un coup de paluche 1/2 journée sur un chantier de maison ossature bois remplissage
paille. A ce que je comprend, il convient de faire attention à ce que la paille soit bien sèche et saine avant d'être mise en botte. Pas de crainte concernant l'eau moyennant une bonne mise en
oeuvre : c'est ce qui ressort de la thèse de wihan sur le sujet. Rien de spécial concernant les rongeurs non plus, là aussi c'est une question de mise en oeuvre. On a en général dans l'idée qu'il
y a plus de risque qu'avec des isolants type laine de verre ou polystyrène, mais les souris n'ont aucun scrupule à grignoter des galeries dans ces isolants industriels et y faire de confortables
nids bien douillets. Je pense même que la paille est moins confortable (ça pique)!
Cdlt,
Yoghourt