Vivre sans voiture? C'est carrément post-moderne!

Publié le par Yoghourt

Bonjour bonjour,

 

Les jours et les semaines passent, globalement très chargés. A coup d'imprévu et de circonstances, cela devient difficile de boucler les sujets l'un après l'autre!

 

Le chantier de la cuisine est en stand-by, pour cause de conduit de cheminée à remplacer. Et puis nous avions besoin de beaucoup de place pour préparer les bois de la rénovation du toit du garage.

 

En parallèle, nous avons commencé à regarder pour prendre une voiture. Je ne parle pas d'une 2e ou une 3e voiture. Une première voiture.

 

Hein? Comment? De quoi? Il ne veut quand même pas dire...

 

Et bien si. C'est exactement ça que je veux dire.

Il y a un an, madame est rentrée ravie du marché en m'annonçant fièrement "ça y est, j'ai vendu la voiture!".  Et moi, un peu abasourdi, de répondre : "euh, comme tu veux, après tout c'est la tienne". Nous n'avons jamais eu de 2e voiture. Deux motos à un moment, puis plus qu'une. Mais jamais deux voitures. Pour quoi faire? Déjà que la seule moto que nous avons roule moins de 5 000 km par an... Une fois vendue la voiture, nous avons décidé de prendre notre temps pour racheter une voiture.

Tout ça, c'était il y a un an.

 

Alors? Qu'est-ce que ça change de vivre sans voiture pour une famille "rurbaine"? Est-ce que ça ne revient pas à retomber à l'age de pierre?

 

Et bien non. C'est même tout le contraire, c'est à dire un mode de vie post-moderne!

 

Tout d'abord, il faut comprendre que notre maison est à 8 minutes à pied de la gare, et une dizaine de minutes (à pied) du centre de note petite ville de campagne. Hormis les "blagues" de la SNCF, c'est bien desservi jusqu'à Grenoble. En temps normal, cela fait entre 1h et 1h30 de trajet domicile-travail dans des conditions de confort très correcte. Pour les imprévus, il y a le covoiturage, la moto, voire le "télétravail ponctuel".

Ensuite, la majeure partie de notre alimentation à la maison vient du panier AMAP, du marché en centre-ville, et quelques petites boutiques.

Avec la marche à pied, le vélo, et occasionnellement un peu de moto, cela couvre ~90% des trajets de la vie de tous les jours. Sans changement des habitudes.

 

Besoin d'aller sur une zone d'activité machin chose pour 4 bricoles dont une ou deux un peu volumineuse?

Ca se planifie et se fait à pied et en train via la gare de Saint-Egrève.

Besoin de transporter du plus lourd et carrément volumineux?
Soit on planifie pour le prochain passage de la famille, soit on loue ponctuellement. Oui mais pour aller chez le loueur? Il y en a un à 1km de la maison (concessionnaire auto). Un autre à une douzaine de minutes en vélo (centre commercial). Côté Grenoble, c'est encore plus facile (gare).
A la limite, on voit avec un collègue ou un ami local pour qu'il nous prête très ponctuellement son véhicule. Je sais, ce n'est pas top, mais ça marchotte. L'idéal dans ce cas serait city-zen-car (forme d'autopartage), encore trop peu développé par chez nous.

Et, j'oubliais, on peut toujours envisager de se faire livrer à domicile!

 

Pour aller voir la famille qui habite loin et les longs trajets de vacance?
Train ou location, voire train+location à l'arrivée.

Et en dehors des heures d'ouverture des loueurs, ou pour les trajets courts mal couverts par les transports en commun?
Autopartage citélib' ou vélo (perso ou loué), surtout si on n'a pas besoin de "one way". On a même testé ainsi le vélo à assistance électrique et le GNV :-). L'abonnement citélib' pris à Grenoble me sert aussi pour nos déplacements hors horaires de bureau à Annecy, en banlieu parisienne. Ils ont des conventions un peu partout. Ca fonctionne très très bien, avec des gens très sympas et prêts à trouver des solutions particulières quand on a un besoin qui ne rentre pas dans le cadre classique. Pas comme l'artillerie lourde dépersonalisée de Bolloré/autolib'. Comme on paye au temps et au kilomètre, c'est très bien placé sur les créneaux ou les loueurs privés ne sont pas compétitifs / trop contraignants.

 

Globalement, on apprend à planifier un peu plus, que le temps bien investi est plus important que la distance, et le stress pas forcément là où l'on croit. Etc. On apprend à être moins consumériste. Louer une voiture pour aller chercher des packs d'eau au supermarché? No comment.

 

Je vous laisse imaginer les avantages directs et indirects.

 

Il y a bien sûr des inconvénients.

- Pour alimenter nos travaux, ou faire un saut chez des amis ou à une conférence alors que la météo est moche, c'est au final tout à fait faisable sans voiture. Mais, clairement, on se retrouve à choisir entre versatilité confortable et coût. Ce n'est pas un inconvénient insurmontable, mais ça peut s'avérer désagréable. Avec des minots, ça se complique aussi.

- Autant l'autopartage type citélib' est systématiquement intéressant sur son créneau, autant la location classique de façon occasionnelle n'est pas donnée. Sur une semaine, ça reste raisonnable avec le citadines et petites compactes. Sur une journée ou un week-end, ça devient vite cher sorti des VUL. Je parle même pas des véhicules plus gros.
- On se retrouve partiellement dépendant des transports en commun. Si la gestion locale est sérieuse, ce n'est pas un inconvénient, bien au contraire. Sinon, comme c'est le cas actuellement avec nos gestionnaires du train (SNCF+RFF+région), on oscille entre le bien et le pire. Le pire, ce n'est pas les grèves annoncées, car le service minimal est généralement bien calibré et qu'on s'organise entre collègues. Le pire, c'est quand le temps de trajet domicile-travail dépasse 1h30. Ca, c'est usant au quotidien, même si on s'occupe pendant le trajet.

- pour ceux qui aiment les ballades motorisées, même avec casque équippé pour communiquer, la moto est moins "sociale" que la voiture.

- en location, le diesel est la règle et les autres carburants l'exception. Ras le bol du diesel.

- Enfin, et personne ne vous en voudra si vous n'y avez pas pensé, le bonus de l'assurance n'est pas éternel.

 

Avec la coupure des trains pendant 1 an pour cause de travaux, temps de trajet domicile-travail et fatigue ont pris une sacrée claque. Entre ça, les histoires de bonus, et les limitations un peu chiantes pour mener nos travaux, on a doucement décidé il y a 3-4 mois de reprendre une voiture.

 

A ma surprise, toute notre expérience s'inscrit bien dans les orientations des discussions sur la mobilité du futur, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique. Nous avons donc accumulé sans le savoir une riche expérience de terrain sur la mobilité post-moderne. Trop cool ! :-D

Publié dans Mobilité

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