Réflexions diverses

Lundi 6 avril 2009
- Par Yoghourt - Publié dans : Réflexions diverses
Sur forum Futura-Sciences, Seboseb s'interrogeait concernant

.....quelques préconisations sur les valeurs à ne pas dépasser si on veut une maison perspirante...

A-ah, très Bonne question!
Mais avant d'y répondre, faut d'abord se mettre d'accord sur ce qu'est une maison perspirante...

Comme à mon habitude dans ce genre de chose, je vais commencer par laisser de côté normes et règlementations officielles, et me concentrer sur les aspects physiques.

C'est facile de comparer deux maisons en disant "celle-ci est plus perspirante que celle-là". Par exemple, un block-haus est plus perspirant qu'une serre en verre, pourtant bien adaptée aux semis. Humpf, la belle affaire! On sent bien que c'est pas pour autant qu'on peut faire d'un block-haus une maison perspirante!(*)
Pour ceux qui sont arrivés un peu hasard en voyant : ce qu'on veut en faire, dans le cadre de ce blog, c'est y habiter. Si une serre bien étanche, c'est top pour faire pousser les semis (c'est la saison), c'est pas top du tout pour qu'on y vive nous!

(*) A ceux qui soutiennent mordicus le contraire, que ce soit par mauvaise foi incurable, endoctrination sectaire, ou tout simplement parce qu'ils n'ont pas plus d'instinct qu'une truite d'élevage, je leur demanderai de passer leur chemin.
Ben oui, si c'est pour de toute façon finir en hurlant, qutant s'y mettre de suite, et ailleurs.


Une maison perspirante dans l'absolu, c'est -pour moi- une maison qui est capable d'évacuer au travers de ses parois la vapeur d'eau générée par ses habitants. C'est l'idée intuitive de la maison "qui respire".
Partant de là, en raffinant la définition au fûr et à mesure, on va pouvoir aligner un calcul de coin de table qui nous donnera un ordre de grandeur.

Premier trou à combler:  dans la définition précédente, un aquarium ou une serre est une maison perspirante. Ben oui: pas d'habitant  et les parois évacue rien, c'est à dire toute la vapeur d'eau générée par les habitants. Ok, c'est pas faux mais franchement carricatural. En plus nuancé, est-ce qu'une résidence secondaire en béton banché habitée 50 jour par an par une famille peut être qualifiée de perspirante?  Et si ce n'est pas 50 mais 1 jour? Et si ce n'est pas 1 famille mais 1 personne? Un enfant ou un adulte? Qui vaque tranquillement ou qui fait la chounga 18h/24? (**) Si notre jolie définition "dans l'absolu" ne permet pas de comparer 2 habitations sans se prendre dans la figure l'intermittence de l'habitation, elle ne va pas servir à grand chose.

(**)Oui, je sais, j'ai vieilli, mais quand même, je n'ai jamais prétendu être capable de du 22h/24 voire 40h/24 en ryhtme de croisière sans tourner à la loque humaine!

Deuxième trou: est-ce qu'on considère une maison isolée? Un appartement? Un abri anti-atomique souterrain? Une cabane dans un arbre? Autrement dit, combien de murs prend-on en compte? De niveaux? Quid des combles et du plancher?

Troisième trou: est-ce qu'on se situe dans un marais? Au pic de l'Aiguille du Midi pas loin du Mont-Blanc? Et puis à quelle période? A Noël sous la neige  ou en avril, ne te découvre pas d'un fil mais garde quand même tes lunettes de soleil à portée de main? (***)

(***) C'est la logique implacable des Anciens: si "Noël au balcon, Pâques au tison",  alors "Noël sous la neige, Pâques aux Ray-Ban"...

En fait, toute la discussion "philosophique" sur la règlementation et les normes se retrouve là-dedans: la façon dont on passe d'une définition intuitive et déjà pas forcément universelle à une définition stricte et universelle, voire testable.
En raffinant progressivement ma définition intuitive initiale avec des hypothèses concrètes, cela consitituera, in fine,
la confiturenorme "Yoghourt", dont le bien-fondé est tout à fait discutable sauf pour l'auteur (c'est ma norme, j'fais keskeuj'veux, na! )

Un adulte au repos génère 0.06kg de vapeur d'eau par heure, c'est à dire
Dvhab=0.06/3600 kg(vapeur)/s
On va se garder ça sous le coude.

Soit un T2 de 50m², de compacité pas exceptionnelle (rectangle L=2*l), plein pied, hauteur standard 2,5m, abritant 2 adultes. Calmes, j'ai dit! Pas des tous fous teufeurs ou des fondu(e)s d'aérobic.
- Largeur telle que 2*l² = Shabitable <=> l=5m
- surface brute mur et toit Smurs+toit=2*L*H+2*l*H+Shabitable = 125m²

De cette surface, on ôte la surface des fenêtres et portes. Disons une fenêtre 125x100 sur 2 faces, une porte fenêtre 215x210, une porte 215x90
Sfp = 2*1.25*1+2.15*2.1+2.15*0.9 = ~9m²

Ca nous fait une surface nette potentiellement perspirante de S=125-9=116m² pour 2 personnes, soit donc
S/hab=58m²/pers
On va se garder ça sous l'autre coude, comme ça on est bien calé pour piquer un roupillon pendant que le Yoghourt s'excite à griffoner sur la nappe en papier de la table.

On va se placer dans les conditions stationnaires usuelle de ma feuille de calcul (i), soit donc -10°C et 80%HR à l'extérieur, 17°C et 50%HR à l'intérieur. Se placer dans des conditions pareilles, c'est se placer dans des conditions franchement très favorables au transfert de vapeur d'eau.
(i) c'te fainéantise, j'vous jure...
Cela correspond aux pression partielles de vapeur d'eau suivantes:
Pvap(int) = 973 Pa
Pvap(ext) = 209 Pa
Le débit de vapeur d'eau pour 1m² de paroi est alors de:
Qd = (Pvap(ext) - Pvap(int)) / Sd * PI(air)
où PI(air) est la perméabilité à la vapeur d'eau de l'air sec = 1.85E-10 kg/Pa/m/s

Et ça nous avance à quoi? C'est justement Sd ou un truc du genre qu'on cherche! Alors calculer Qd avec...
Mais si, mais si, suffit de connaitre Qd.
Mais on l'a pas!
Ben si, suffit de lever le(s) coude(s). (ii)

(ii)Comme le papa de Gééérraaaaaaaard! (c) Coluche
Euh, quoique, je vous conseille pas de picoler à ce stade, sinon ça va tout vous embrouilaminer...

Sous les coudes, on a un débit de vapeur par habitant et une surface par habitant. On peut en tirer fastoche un débit de vapeur par unité de surface, c'est à dire un premier Qd (iii):
Qd1 = Dvap/hab / Sfp/hab = 0.06/3600 / 58 = 0.287 mg(vap)/m²/s

(iii) les djeuns diraient "comment ça se voitr trop que va y'en avoir un 2e, de Qd..."

Ca fait pas grand chose, hein... Je dirai même que ce chiffre (en milligrammes!) pourrait donner l'impression que la moindre paroi pas complètement étanche comme un aquarium est suffisamment perspirante.
Bon, et si on vérifiait ça? Je sens qu'on va rigoler...

On repasse à Sd maintenant qu'on connnait Qd:
Sd1 = (Pvap(ext) - Pvap(int)) / Qd1 * PI(air) = (973-209)/0.287e-6*1.85e-10
Sd1 = ~50cm
Rappel: le moindre frein-vapeur a un Sd de l'ordre de 2m. Pfuit!, adieu la maison perspirante...
Partez pas, y'a tout de suite le retour de la vengeance du fils pas-content!


On a obtenu une notion de maison perspirante pas vraiment utilisable. Alors que fait-on? On jette intégralement le calcul? Que nenni, on va pousser un poil plus loin notre définition de ce qu'est une maison perspirante "dans l'absolu". Comment? En considérant que la maison est ventilée un minimum en permanence.

Le mini pour cette maisonnette, c'est 1 bouche hygro dans les WC/salle de bain, et 1 bouche hygro dans la cuisine. En ventilation mécanique, qui est le cas le plus courant, le débit mini des bouches d'extraction hydro est de 5m3/h pour WC/SdB et 10m3/h pour la cuisine. D'où le débit minimal suivant:
Dv(air) = 5+10 = 15m3/h = 15/3600 m3/s
Ce débit volumétrique Dv correspond à un débit massique
Dm(air) =  Dv*rho
rho est la masse volumique de l'air. Histoire de ne pas trop se bousiller les neurones, on va prendre rho(air)=1.2kg/m3, à pression standard.
En principe, il faudrait prendre en compte le fait que la masse volumique de l'air dépend de l'humidité (un peu) et de la température (surtout (iv)). Cf Wikipédia .
Dm(air) = 15/3600*1,2 = 0,005kg/s

(iv)
ce qui a rendu célèbres les frères Montgolfier. Vous voyez, je ne dis pas que des bêtises dans mes parenthèses.

On sait (v) que l'humidité absolue est donnée par:
Y = 0.622*Pvap/(Pstandard-Pvap) = masse de l'humidité dans l'air humide / masse de l'air sec
(v) si si, en trifouillant sur le net, par exemple (encore)  sur wikipédia

Rappel: la pression standard, c'est  1013 millibar = 1013 hecto-pascal = 101300 Pa
En valeur, ça donne:
Yint = 0.006
Yext = 0.0013

A notre débit massique Dm d'air ventilé va donc correspondre un débit massique d'humidité:
Dm(vap) = masse humide / temps = masse air sec / temps * (masse humide / masse air sec) = Y * Dm(air) = Y*Dv*rho

Caramba, encore loupé! Euh, je veux dire, on est presque mais pas encore rendu au bout de nos peines.
On a deux pressions de vapeur à considérer: celle de l'air neuf issu de l'extérieur, celle de l'air humide. L'air insufflé apporte de l'humidité, l'air extrait en emporte. Au final, notre chère ventilation nous permet d'évacuer la quantité d'humidité suivante:
Dvap/ventil = Dm(vap intérieur) - Dm(vap extérieur) = (Yint-Yext)*Dm(air)
Dvap/ventil = 23.73e-6 kg/s

Les tétracapillectomistes (vi) qui sont génés par la volumique un peu arbitraire que j'ai prise pour l'air auront corrigé d'eux-même la précédente formule en:
Dvap/ventil = (Yint*rhoint-Yext*rhoext)*Dv , soit donc:
Dvap/ventil = (0.006*1.212-0.0013*1.34)*15/3600 = 23,042e-6 kg/s

(vi) Remarquez que l'art difficile de couper en 4 les cheveux est ici récompensé par une précision accrue de 3%. Je saluerai l'effort en conservant cette dernière valeur, tout en rappelant quand même qu'on cherche ici juste un ordre de grandeur en faisant des calculs de coin de table...

Au presque final (promis, on y est presque), la vapeur -générée par notre sympathique et très patient couple en maisonnette T2, se fait la malle à la fois par la ventilation et par les murs. Ca nous fait un débit de vapeur:
Qd2 = (Dvap/hab - Dvap/ventil/2)/ S/hab
Ben oui, y'a une ventilation, mais elle sert pour les 2 habitants.
Qd2 = (0.06/3600- 23,042e-6/2)/58 = 0.0888e-6 kg/s/m²
Au passage, on remarque que le débit de vapeur par les murs est de Qd2*Spf = 10.3e-6kg/s. Ca fait quand même la moitié du boulot de la ventilation qui est pris en charge par les parois. Ca c'est de la perspiration, crébon d'nom di diou!

Au final (si si, ce coup-ci, c'est la bonne), ça nous une résistance moyenne des parois au flux de vapeur d'eau, exprimé en lame d'air équivalente, de:
Sd2 = (Pvap(ext) - Pvap(int)) / Qd2 * PI(air) = (973-209)/0.0888e-6*1.85e-10
Sd2 = 1.6m en moyenne (vii)

(vii) Je laisse la joie douloureuse aux sodomiseurs de diptères de reprendre l'intégralité des calculs en considérant en plus que la ventilation mécanique provoque une dépression nominale de 80Pa, ou jouer avec n'importe lesqueles des hypothèses de la maisonnette qui ont servi à donner une assise à mes calculs de coin de table. Normal: j'ai plus un coin de libre pour griffoner sur la table

Bien sûr, il faut distinguer dans ce Sd moyen la contribution du toit et celle des murs. Dans notre cas, on a 50m² de plafond et 116-50 = 66m² de mur. En pratique, difficile de descendre sous Sd=1m pour l'isolation d'un toit. Ca nous laisse pour les murs:
Sd = (Sdmur * Smur + Sdtoit*Stoit)/S
Sdmur = (Sd*S - Sdtoit*Stoit)/Smur <= (1.6*116-1*50)/66 = 2m
Sdmur = 2m

La conclusion qui s'impose, c'est qu'on peut dire que pour qu'une maison soit perspirante, le Sd total de ses murs doit être au pire de l'ordre de 2m. Remarquez que c'est pas une grande surprise.

Ceux qui ne dorment pas encore après ce "calcul de coin de table" franchement abrutissant, et ceux qui auront eu la sagesse de dormir entre l'introduction et la conclusion, tout ceux là auront déjà percuté sur diverses choses:
- la maison paille est une maison perspirante
- les maisons ossature bois ne sont pas toutes des maisons perspirantes
- le Sd total est un budget. Au moindre matériau qui craque ou dépasse le budget, faut dire au revoir au concept de maison perspirante...
- corollaire: dans le neuf, faites votre deuil du fantasme de la maison "en dur" et "qui respire".
- corollaire bis: en rénovation, où l'on travaille presque toujours sur des murs en dur (pierre, brique, béton, pisé), parler de "maison qui respire", ça tient plus du rève que de la réalité.


Moralité:
1) c'est pas évident de faire une maison perspirante, c'est à dire qui allège d'au moins 1/3 le boulot de la ventilation en plein hiver
2) faute de grives, mangeons des merles!
Le concept de maison perspirante, "qui respire", c'est en pratique un objectif trop difficile en général. Il vaut mieux se rabattre sur une notion plus accessible de "paroi perspirante". C'est à dire une paroi qui reste saine question humidité grâce à ses capacités de perspiration.


Cette notion de "paroi perspirante" appelle d'autres calculs de coin de table, et une autre définition qui rassemble les hypothèses de ces calculs. Ca sera pour une autre fois, car un doux appel me parvient: "A TABLE!"

(nota bene: j'ai fais la mise en page après le repas, burp!... J'ai pas le courage d'y ajouter des zolies photos et autres schémas)
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Mercredi 24 septembre 2008
- Par Yoghourt - Publié dans : Réflexions diverses
'soir à tous,

Je suis complètement surchargé. Le blog va continuer de végéter pendant un moment.

Néanmoins, je viens de bien me prendre le choux pour retrouver comment se calcule la phase de prêt d'un CEL. Pas envie de paumer ça, et autant le partager.
Armons-nous et partez!

Dans le relevé de droits à prêt de mon CEL, il y a pour la période 2003-2005:
- droit D=312.25€ au taux de T=1.5%

Ouais, et alors? Avec ça, j'emprunte quoi à quel taux?
D'abord le quoi: je peux emprunter un capital K qui varie selon la durée du prêt (N années). Comment trouver K?
K correspond au capital emprunté au taux actuariel T sur N années pour lequel on paierait des intérêts I=D*1.5.
A quel taux? Tout simplement au taux actuariel T+1.5%.

Pas de panique, pas besoin de savoir ce qu'est un taux actuariel! La formule qui lie K, T, N et I dérive de celles qu'on peut trouver sur le site cbanque, sans avoir besoin de comprendre plus loin le pourquoi du comment.

TxPer = (1+T)^(1/12)-1
1-(1+TxPer)^-(12N) = 1- (1+T)^(-N)
K+I = 12N*K*TxPer / ( 1-(1+TxPer)^-(12N) ) = 12N*K*TxPer / (1- (1+T)^(-N))
1+I/K  = 12N*TxPer / (1- (1+T)^(-N))
K = 1.5*D / ( 12*N*((1+T)^(1/12)-1) / (1- (1+T)^(-N)) - 1)

Après, pour trouver le coût de l'emprunt (intérêts cumulés), on retourne les formules dans l'autre sens, mais avec le taux T+1.5%.
Ifinal  = 12*N*K*((1+T+1.5%)^(1/12)-1) / (1- (1+T+1.5%)^(-N)) - K
Echéance = (Ifinal+K)/(12*N)

durée N 3 4 5 6 7 8 9
capital emprunté K 20247 15221 12221 10187 8728 7629 6772
Coût Ifinal 937.03 939.27 941.49 943.70 945.90 948.08 950.25
Echéance 588.43 337.29 219.36 154.59 115.15 89.34 71.51


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Dimanche 8 juillet 2007
- Par Yoghourt - Publié dans : Réflexions diverses
Bonjour à tous,


3 mois. Ca fait 3 mois que j'ai lâchement lâché le blog.  Que 3 mois?  J'ai l'impression que cela fait plus de temps...  Trois longs mois...

Bon, assez révassé, y'a plein de choses à raconter!
Mais pas tout de suite:  après le dossier  du concours maisons basse énergie,  le dossier pour la demande de travaux (encore merci Cécile!), je suis en plein dans le dossier technique de mon isolation extérieure + bardage.

C'est ici, et on en parle . La version la plus à jour du dossier n'est pas encore en ligne...

Pour les autres niouzes, il faudra attendre quelques jours, le temps que je fasse du tri dans les photos, et commence à taper les articles

Atchao,
Yoghourt
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Mercredi 11 avril 2007
- Par Yoghourt - Publié dans : Réflexions diverses
Dans la fable de Lafontaine, qui préférez vous? La cigale ou la fourmi? La cigale, évidemment.
Bon ok, la cigale risque de ne pas se remettre de l'hiver, alors que la fourmi par son comportement "en bon père de famille" assure avenir à son foyer. Mais après tout, ce n'est qu'une fable pour enfants, n'est-ce pas?


Al Gore, "une vérité qui dérange": un film-documentaire politique et bien à l'américaine, assurément.
Et bien le pendant scientifique et mondial de ce film existe, c'est les rapports du groupe II du GIEC: groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Le groupe II reprend les résultats du groupe I (climatologie) et y ajoute l'étude de l'évolution du climat sur les systèmes naturels, gérés par l'homme, et les systèmes humains. Les aspects socio-économiques sont donc abordés.

Vendredi dernier, le groupe II du GIEC a publié son résumé à l'intention des décideurs. C'est apparemment passé inaperçu des médias, probablement pour ne pas perturber la grande joie du WE pascalien.

Dernier résumé du GIEC groupe II (biosphère/socio-économie)

Dernier résumé du GIEC groupe I (climatologie)

Avant de jeter le tout au feu en s'écriant "C'est forcément un tissu de conneries!!!", je vous enjoins à faire un tour sur le site web de Jancovici, notre gourou franco-français bien-aimé des média et des politiciens pour les questions de l'énergie et du climat. Je me fais un peu violence ici, car pas franchement fana des écrits du bonhomme.

Alors, ne serait-ce que pour les 10 ans qui viennent, cigale ou fourmi?
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Mercredi 6 décembre 2006
- Par Yoghourt - Publié dans : Réflexions diverses
(issu de ma contribution correspondante sur un forum)

La vapeur d'eau [présente dans un mur] ne se crée pas ex nihilo. Elle est là en quantité +/- importante, sinon l'hygromètre indiquerait 0% d'humidité. La vapeur d'eau est "sèche" et ne pose pas spécialement de problème jusque vers 80% d'humidité (début du risque de moisissure).

Un peu de théorie pour commencer

- A pression constante, quand la température baisse, l'humidité relative augmente jusqu'à atteindre 100%. Et là, ça condense. Voire même, si la température est suffisamment basse, ça gèle direct!

- A température constante, quand la pression diminue, l'humidité relative diminue aussi. Forcément, si la pression est à 0, c'est le vide donc c'est 0% d'humidité. Mais on imagine bien qu'un air complètement sec est à 0% d'humidité quel que soit la pression atmosphérique. Alors où est l'erreur? Y'en a pas: en fait, ce n'est pas tant la pression atmosphérique qui va nous intéresser, mais la pression de vapeur. Késako? C'est la pression qu'il ferait si on ne gardait que la vapeur d'eau et qu'on virait tout le reste. C'est une "pression partielle".

- à -10°C, on trouve au maximum 2 gouttes d'eau par m3 d'air. Autant dire pas grand chose.
- Imaginons qu'il fait  -5°C le soir (brrrr) et "normalement humide" (hygr 80%). L'air va refroidir pendant la nuit. L'humidité relative va augmenter, mais ne peut pas dépasser 100%. Il restera alors dans l'air l'équivalent de 2 gouttes d'eau par m3, et le reste terminera en givre dans le jardin et sur le pare-brise...
- Si on réchauffe un air à 80% d'humidité de -10°C à 20°C, son humidité relative chute à moins de 10%! C'est, je pense, une des raisons pour lesquelles on trouve l'hiver froid et sec.
- pourquoi toute la vapeur d'eau ne "tombe" pas par terre sous forme de glace par grand froid? Pour la même raison que toute la vapeur d'eau ne "tombe" pas par terre sous forme de flaque à température ambiante. Dans les 2 cas, une partie reste dans l'air, mais pas assez pour qu'il y ait changement d'état.


Revenons à des choses plus concrètes

Dans un mur qui peut laisser passer la vapeur d'eau, la pression de vapeur cherche à s'équilibrer à la fois côté intérieur et côté extérieur.

En hiver, l'air extérieur peut être très humide (genre 80%) en plus d'être très très froid (genre -10°C). Il en résulte une pression de vapeur Pvext très basse.

L'air intérieur est normalement humide (disons 50%) et bien chaud. Il en résulte une pression de vapeur Pvint assez haute.
Que va faire la vapeur pour atteindre l'équilibre des pressions? Et bien elle va tout simplement aller des zones de surpression (intérieur) vers les zones de dépression (extérieur).
On assiste donc à de la vapeur qui migre. Lors de sa migration, la température descend, donc l'humidité relative augmente. Mais elle voit aussi sa pression chuter, donc l'humidité relative diminue.
Mais mais mais, sakapamaché! Elle diminue ou elle augmente, cette satanée humidité relative?
Ben, ça dépend de quel effet est le plus fort. Et ça, ça dépend de la composition de la paroi.

Dans un mur isolé par l'intérieur sans pare-vapeur, c'est la température qui gagne et ça condense. L'endroit exact où ça condense dans la paroi, c'est le point de rosée.

La parade usuelle est le pare-vapeur (ci-dessous).

Il existe une alternative inhabituelle et peu documentée: assécher le mur côté intérieur par transpiration (migration par capillarité de l'eau condensée et évaporation en surface). Comme pour le pare-vapeur, l'excédent d'humidité nécessite d'être évacué par ventilation. Toutefois, le débit nécessaire est un peu plus faible que pour la stratégie du pare-vapeur.
Le pare-vapeur sert à faire chuter d'un coup la pression de vapeur. Mais pour que ça marche, il faut qu'il soit posé là où la pression est forte (côté chaud) et de façon étanche (sinon la vapeur se rue par les fuites du barrage, donc exit la chute brutale de pression de vapeur).

Pour maintenir une hygrométrie en dessous de 80%, il faut alors ventiler fortement, jusqu'à renouveler complètement l'air de la maison toutes les heures.

Dans un mur isolé par l'extérieur, c'est la pression qui gagne et ça condense pas d'un poil.
Dans les combles ou dans un mur à isolation répartie, c'est le statu quo. Selon la composition de la paroi, c'est l'un ou l'autre qui gagne. Pour favoriser l'effet pression et ainsi garder la paroi sèche, il faut faciliter progressivement le chemin au flux de vapeur depuis l'intérieur vers l'extérieur.

La figure à gauche représente un mur homogène sans barrière de vapeur. Exemple: MOB avec bardage -> pas de condensation.

Un crépi ciment ou plastique sur de la brique monomur se comporte comme un pare-vapeur posé côté extérieur. Il y a inévitablement condensation entre brique et crépi. Dans 5 à 10 ans, beaucoup de maisons en monomur auront fort probablement des façades pourries d'humidité, et des performances thermiques en conséquence. Un crépi hautement perméable à la vapeur d'eau évite ce problème.

Note: quand on peut faire une paroi sans pare-vapeur, faut pas s'en priver!

Pour en savoir plus, les fiches techniques du site web "énergie Wallonie":
 - Condensation interne par diffusion de vapeur (en régime stationnaire)
 - Les isolants


(les sympathiques schémas ci-dessus sont la propriété du site web "energie wallonie". Au cas où l'on m'informe que leur utilisation pose souci, je les remplacerai par des images de mon cru)
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