Dimanche 8 juillet 2007
par Yoghourt publié dans : Réflexions diverses
Bonjour à tous,


3 mois. Ca fait 3 mois que j'ai lâchement lâché le blog.  Que 3 mois?  J'ai l'impression que cela fait plus de temps...  Trois longs mois...

Bon, assez révassé, y'a plein de choses à raconter!
Mais pas tout de suite:  après le dossier  du concours maisons basse énergie,  le dossier pour la demande de travaux (encore merci Cécile!), je suis en plein dans le dossier technique de mon isolation extérieure + bardage.

C'est ici, et on en parle . La version la plus à jour du dossier n'est pas encore en ligne...

Pour les autres niouzes, il faudra attendre quelques jours, le temps que je fasse du tri dans les photos, et commence à taper les articles

Atchao,
Yoghourt
Mercredi 11 avril 2007
par Yoghourt publié dans : Réflexions diverses
Dans la fable de Lafontaine, qui préférez vous? La cigale ou la fourmi? La cigale, évidemment.
Bon ok, la cigale risque de ne pas se remettre de l'hiver, alors que la fourmi par son comportement "en bon père de famille" assure avenir à son foyer. Mais après tout, ce n'est qu'une fable pour enfants, n'est-ce pas?


Al Gore, "une vérité qui dérange": un film-documentaire politique et bien à l'américaine, assurément.
Et bien le pendant scientifique et mondial de ce film existe, c'est les rapports du groupe II du GIEC: groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Le groupe II reprend les résultats du groupe I (climatologie) et y ajoute l'étude de l'évolution du climat sur les systèmes naturels, gérés par l'homme, et les systèmes humains. Les aspects socio-économiques sont donc abordés.

Vendredi dernier, le groupe II du GIEC a publié son résumé à l'intention des décideurs. C'est apparemment passé inaperçu des médias, probablement pour ne pas perturber la grande joie du WE pascalien.

Dernier résumé du GIEC groupe II (biosphère/socio-économie)

Dernier résumé du GIEC groupe I (climatologie)

Avant de jeter le tout au feu en s'écriant "C'est forcément un tissu de conneries!!!", je vous enjoins à faire un tour sur le site web de Jancovici, notre gourou franco-français bien-aimé des média et des politiciens pour les questions de l'énergie et du climat. Je me fais un peu violence ici, car pas franchement fana des écrits du bonhomme.

Alors, ne serait-ce que pour les 10 ans qui viennent, cigale ou fourmi?
Mercredi 6 décembre 2006
par Yoghourt publié dans : Réflexions diverses
(issu de ma contribution correspondante sur un forum)

La vapeur d'eau [présente dans un mur] ne se crée pas ex nihilo. Elle est là en quantité +/- importante, sinon l'hygromètre indiquerait 0% d'humidité. La vapeur d'eau est "sèche" et ne pose pas spécialement de problème jusque vers 80% d'humidité (début du risque de moisissure).

Un peu de théorie pour commencer

- A pression constante, quand la température baisse, l'humidité relative augmente jusqu'à atteindre 100%. Et là, ça condense. Voire même, si la température est suffisamment basse, ça gèle direct!

- A température constante, quand la pression diminue, l'humidité relative diminue aussi. Forcément, si la pression est à 0, c'est le vide donc c'est 0% d'humidité. Mais on imagine bien qu'un air complètement sec est à 0% d'humidité quel que soit la pression atmosphérique. Alors où est l'erreur? Y'en a pas: en fait, ce n'est pas tant la pression atmosphérique qui va nous intéresser, mais la pression de vapeur. Késako? C'est la pression qu'il ferait si on ne gardait que la vapeur d'eau et qu'on virait tout le reste. C'est une "pression partielle".

- à -10°C, on trouve au maximum 2 gouttes d'eau par m3 d'air. Autant dire pas grand chose.
- Imaginons qu'il fait  -5°C le soir (brrrr) et "normalement humide" (hygr 80%). L'air va refroidir pendant la nuit. L'humidité relative va augmenter, mais ne peut pas dépasser 100%. Il restera alors dans l'air l'équivalent de 2 gouttes d'eau par m3, et le reste terminera en givre dans le jardin et sur le pare-brise...
- Si on réchauffe un air à 80% d'humidité de -10°C à 20°C, son humidité relative chute à moins de 10%! C'est, je pense, une des raisons pour lesquelles on trouve l'hiver froid et sec.
- pourquoi toute la vapeur d'eau ne "tombe" pas par terre sous forme de glace par grand froid? Pour la même raison que toute la vapeur d'eau ne "tombe" pas par terre sous forme de flaque à température ambiante. Dans les 2 cas, une partie reste dans l'air, mais pas assez pour qu'il y ait changement d'état.


Revenons à des choses plus concrètes

Dans un mur qui peut laisser passer la vapeur d'eau, la pression de vapeur cherche à s'équilibrer à la fois côté intérieur et côté extérieur.

En hiver, l'air extérieur peut être très humide (genre 80%) en plus d'être très très froid (genre -10°C). Il en résulte une pression de vapeur Pvext très basse.

L'air intérieur est normalement humide (disons 50%) et bien chaud. Il en résulte une pression de vapeur Pvint assez haute.
Que va faire la vapeur pour atteindre l'équilibre des pressions? Et bien elle va tout simplement aller des zones de surpression (intérieur) vers les zones de dépression (extérieur).
On assiste donc à de la vapeur qui migre. Lors de sa migration, la température descend, donc l'humidité relative augmente. Mais elle voit aussi sa pression chuter, donc l'humidité relative diminue.
Mais mais mais, sakapamaché! Elle diminue ou elle augmente, cette satanée humidité relative?
Ben, ça dépend de quel effet est le plus fort. Et ça, ça dépend de la composition de la paroi.

Dans un mur isolé par l'intérieur sans pare-vapeur, c'est la température qui gagne et ça condense. L'endroit exact où ça condense dans la paroi, c'est le point de rosée.

La parade usuelle est le pare-vapeur (ci-dessous).

Il existe une alternative inhabituelle et peu documentée: assécher le mur côté intérieur par transpiration (migration par capillarité de l'eau condensée et évaporation en surface). Comme pour le pare-vapeur, l'excédent d'humidité nécessite d'être évacué par ventilation. Toutefois, le débit nécessaire est un peu plus faible que pour la stratégie du pare-vapeur.
Le pare-vapeur sert à faire chuter d'un coup la pression de vapeur. Mais pour que ça marche, il faut qu'il soit posé là où la pression est forte (côté chaud) et de façon étanche (sinon la vapeur se rue par les fuites du barrage, donc exit la chute brutale de pression de vapeur).

Pour maintenir une hygrométrie en dessous de 80%, il faut alors ventiler fortement, jusqu'à renouveler complètement l'air de la maison toutes les heures.

Dans un mur isolé par l'extérieur, c'est la pression qui gagne et ça condense pas d'un poil.
Dans les combles ou dans un mur à isolation répartie, c'est le statu quo. Selon la composition de la paroi, c'est l'un ou l'autre qui gagne. Pour favoriser l'effet pression et ainsi garder la paroi sèche, il faut faciliter progressivement le chemin au flux de vapeur depuis l'intérieur vers l'extérieur.

La figure à gauche représente un mur homogène sans barrière de vapeur. Exemple: MOB avec bardage -> pas de condensation.

Un crépi ciment ou plastique sur de la brique monomur se comporte comme un pare-vapeur posé côté extérieur. Il y a inévitablement condensation entre brique et crépi. Dans 5 à 10 ans, beaucoup de maisons en monomur auront fort probablement des façades pourries d'humidité, et des performances thermiques en conséquence. Un crépi hautement perméable à la vapeur d'eau évite ce problème.

Note: quand on peut faire une paroi sans pare-vapeur, faut pas s'en priver!

Pour en savoir plus, les fiches techniques du site web "énergie Wallonie":
 - Condensation interne par diffusion de vapeur (en régime stationnaire)
 - Les isolants


(les sympathiques schémas ci-dessus sont la propriété du site web "energie wallonie". Au cas où l'on m'informe que leur utilisation pose souci, je les remplacerai par des images de mon cru)
Dimanche 26 novembre 2006
par Yoghourt publié dans : Réflexions diverses
J'entends parler d'inertie thermique. C'est quoi donc?

Pour comprendre ce qu'est ou n'est pas l'inertie, il faut d'abord comprendre quelques notions de bases. Les fainéants et les over-pressés peuvent se contenter de lire les commentaires en bleu.

Isolation thermique
Un matériau limite les transferts de chaleur, grâce à sa résistance thermique Rth.
    Rth = épaisseur/lambda
    lambda étant la conductivité thermique du matériau.
Les isolants usuels conduisent très mal la chaleur: lambda~0.04 W/m/°C.
Exemple: ouate de cellulose, fibre de bois, liège, perlite, vermiculite, laines minérales, etc.

Une isolation rapportée de 12cm de fibre de bois faible densité donne Rth = 0.12/0.04 = 3 m².°C/W
Un mur porteur de 45cm de béton caverneux aura une résistance thermique de Rth = 0.45/1.2 = 0.38 m².°C/W
Ca veut dire que quand 5W de chaleur passe au travers 1m² d'isolant, il passe 5*3/0.38 = 40W par le mur porteur!

Pour comparaison, 5W c'est la veille de la télé, et 40W c'est une ampoule électrique. Laisseriez-vous 200 télés et autres appareils électriques inutilement en veille dans la maison? Non?
Alors aucune raison de laisser 200 ampoules allumées! ISOLEZ!
Au fait, pourquoi 200? Pour 200m² de murs d'enceintes, ce qui est un chiffre très réaliste pour une maison individuelle.

Rappel: le métal n'est pas un isolant, bien au contraire (acier: lambda=60, aluminium: lambda=200). Utiliser des suspentes et rails métalliques pour une isolation rapportée, c'est une aberration. Une perte sèche sur les performances de 30%.

"Masse thermique"
Un mêtre-cube de matériau stocke et restitue de l'énergie thermique via sa capacité thermique S.
    S = rho*c
    rho est la densité du matériau
    c est la chaleur spécifique du matériau, c'est à dire la quantité d'énergie (en joules=Watt * seconde) qu'il faut pour augmenter de 1°C la température de 1kg du matériau.
Les "masses thermiques" usuelles sont capables de stocker beaucoup de chaleur sans qu'on ait besoin d'atteindre des températures indécentes. Exemple: l'eau, la pierre, le béton.

Un m3, c'est bien, mais on est plutôt intéressé par la capacité thermique "surfacique", c'est à dire par m² de matériau posé:
    Cth = S*e

Les 12cm de fibre de bois 40kg/m3 ont une capacité thermique surfacique de Cth = 0.12* 40*2100/3600 = 0.003 kWh/m²/°C
Et les 45cm de béton: Cth = 0.45 * 2000*871/3600 = 0.22 kWh/m²/°C, soit donc 75x plus que notre isolant!
Les rolls des isolants pour le Cth (liège en panneaux et fibre de bois 170kg/m3) plafonnent lamentablement à 0.006 et 0.011 kWh/m²/°C.
TOUS les isolants usuels ont une capacité thermique faiblarde, par comparaison avec la brique ou le béton.

Faisons quelques autres petits calculs:
- 2.8Wh/m²/°C * 200m² = 0.56 kWh / °C
- 218Wh/m²/°C * 3m*2.5m = 1.6 kWh / °C
Un simple mur de refend bien épais de 3m de long retient donc la température  3x mieux que l'isolant de tous les murs.
La conclusion est évidente: pour réguler la température intérieure, misez sur la maçonnerie DANS la maison plutôt que l'isolation intérieure (contrairement à ce que prônent certains vendeurs). Vive la fraîcheur sans clim!!!
Petit exercice pour les petits malins qui estiment que le placo ou le fermacell va apporter une super masse thermique. Faites donc le calcul: capacité thermique aussi faiblarde que l'isolant.

Déphasage et amortissement
En fonction de son pouvoir isolant (lambda) et de son pouvoir de stockage (S), la chaleur diffuse plus ou moins bien dans le matériau. Autrement dit, une vague de chaud ou de froid d'un côté du matériau mettra +/- de temps à le traverser (déphasage), et sera atténuée au passage (amortissement).
diffusivité-- = déphasage++ = amortissement++

Pour les matheux et les physiciens:
    diffusivité = lambda/S
    Elle est en en m²/h si S en Wh/m3/°C
    célérité = 0,725*sqrt(diffusivité)
    C'est une vitesse de propagation en m/h

    déphasage = épaisseur/célérité
    amortissement = exp(-épaisseur*sqrt(2.pi/24/diffusivité))
    Le déphasage est en heures, l'amortissement sans unité. Les puristes peuvent le passer en dB si ça les chante ;)

En fait, je n'ai pas vraiment dit ce qu'est l'amortissement. Imaginez une onde de chaleur avec les températures extrèmes Tmin et Tmax. De l'autre côté du matériau, on constatera un écart de température de (Tmin-Tmax)*amortissement. C'est bête comme chou.

Exemples: déphasage 4h pour ma fibre de bois, et 12h30 pour mon béton caverneux!!!
Ah ben ça veut donc bien dire que plus c'est dense et plus ça déphase, non? NON. Si je passe à 45cm de fibre de bois, le déphasage monte à 15h30.
Le champion du déphasage, c'est le bois massif. 45cm -> de bois plein déphasent de folie: 31h30!!! Et pourtant c'est un isolant peu performant et une piètre masse thermique.

Pour une épaisseur donnée, ce qui détermine le déphasage n'est pas seulement la densité (rho), ni le pouvoir isolant (lambda), ni la chaleur spécifique (c ou Cp), ni même la capacité thermique (S). C'est la diffusivité, qui est un mélange de tout ça.

Alors, c'est quoi l'inertie thermique?

Tout d'abord, ce n'est pas la densité (rien à voir avec la chaleur). Riez au nez des gens qui vous disent ça, parce que moi j'en ai marre de le rabacher.

En fait, l'inertie sera la capacité thermique ou le déphasage selon de quoi on parle. Aïe, c'est là que c'est pas pratique!

Bon, tu la craches ta valda? Par exemple, "l'inertie de l'isolant", elle sert ou pas?

Imaginons un isolant qui n'a aucune capacité thermique. Une lame d'air fera très bien l'affaire pour ça. La chaleur se diffuse à vitesse grand V dans cet isolant. Si bien qu'en été ou en hiver, la moindre différence de température se traduit par une variation du flux de chaleur.

En été, si on n'a pas de moyen de pomper cette chaleur, elle va s'accumuler et la température va finir par monter.
2 solutions:
- atténuer et retarder la chaleur jusqu'au moment où on pourra l'évacuer facilement (la nuit) -> amortissement et déphasage
- pomper la chaleur pour réguler la température: capacité thermique.
Vu la capacité thermique plutôt faiblarde des isolants, on va donc miser principalement sur le déphasage et l'ajout de matériaux à forte capacité thermique pour réguler (genre dalle en béton ou mur de refend en pierre).

En hiver, on a des radiateurs pour fournir la chaleur et maintenir la température. Quand il y a du soleil, le radiateur sera tranquilou voire éteint. En pleine nuit bien froide, il turbinera pour compenser. C'est du on/off, pas très agréable, pas très efficace pour la chaudière.
2 solutions:
- atténuer et retarder la baisse de température de la nuit jusqu'au jour suivant
- stocker la chaleur quand le radiateur est "on" et la relarguer quand il est "off".
Encore une fois, c'est plutôt le déphasage qui va être intéressant pour le choix de l'isolant. La capacité thermique sera un plus, mais n'aura jamais autant d'impact que la maçonnerie intérieure (béton ou brique pleine ou brique de terre crue).

Conclusion:
- l'inertie de l'isolant, c'est sa capacité à ne pas diffuser la chaleur trop vite. Ca se "mesure" avec le déphasage. Et c'est bien pratique été comme hiver.
- l'inertie d'une maison, c'est sa régulation naturelle: des matériaux stockeurs de chaleur entourés/protégés par de l'isolant. C'est crucial en été et bien pratique en hiver. Ca se "mesure" avec la capacité thermique à l'intérieur du volume isolé.
Jeudi 21 septembre 2006
par Yoghourt publié dans : Réflexions diverses
Est-ce qu'un mur capteur peut remplacer l'isolation en saison froide?

flux solaire incident: 1.7W/m² en janvier
Coef d'absorption solaire: 100% (noir)
Fs = 100%*1.7
R1: mur
R2: paroi transparente captrice
mur de référence: R0=3
flux de chaleur de référence: Fref = (Ti-Te)/3
flux de chaleur du mur capteur: F1 = (Ti-Te - R2*Fs)/(R1+R2)
Ti-Te=25°C
F1 = Fref <=> R1 = 3-(1+3*Fs/25)*R2
Pour R2 = simple ou double vitrage, on obtient R1 aux alentours de 2.5

Conclusion: il faut quand même isoler le mur (par l'intérieur pour lisser les apports solaires)

Corolaire: si R2=0.06, on obtient R1=2.93. Autrement dit, l'insolation directe de la façade sud en hiver est équivalente au mieux à 3mm d'isolant.

Cékoidonc?

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